Chapitre 10, disparition (Alvas)

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Cela faisait maintenant plus d'une heure que Torval, Sif et Typhaine avaient décidé d'organiser un tour de garde dans les seconds laboratoires. Juste au cas où. De son côté, Alvas était resté au laboratoire avec Karène et Joan dans le but de créer une arme, mais il s'était rapidement rendu compte que ses connaissances ne l'aidaient pas. Karène était en train d'inventer une sorte de grenade incendiaire tandis que Joan s'était donné l'objectif de créer une mine énergétique. Et ils s'amusaient beaucoup dans le processus. Alvas avait rapidement abandonné l'idée de faire une arme avec ses connaissances, et surtout le matériel qu'il y avait ici. Ses recherches tournaient principalement autour de l'étude de tissus organique assez étrange ainsi que de micro-organisme. Rien qui ne puisse servir d'arme.

Il avait donc rapidement décidé de quitter les laboratoires, craignant un peu pour sa sécurité en voyant l'enthousiasme de ses deux camarades, et avait rejoint les quartiers. Là, il s'était chargé d'installer la jeune Valérane qui était toujours inconsciente dans un lit et avait commencé à s'occuper. Le temps avait passé depuis leur précédent repas et il avait estimé sans aucune certitude qu'il devait presque être l'heure du repas. Il s'était donc dirigé vers la cuisine et avait commencé à cuisiner. Ce n'était pas si compliqué que ça, faire cuire les aliments en surveillant leur cuisson, assaisonner le plat avec un peu de sel et d'épice, préparer une petite sauce pour accompagner la viande, sortir le fromage en avance pour une meilleure dégustation, prévoir un vin qui se marierait bien avec le goût du plat... Il ne lui fallut pas plus d'une trentaine de minutes pour finir le repas.

Il alla prévenir les autres que le repas était prêt et ils accueillirent l'initiative d'Alvas avec plaisir. Restait à régler la question de la porte. Fort heureusement, Karène et Sif trouvèrent une solution parfaitement adaptée en transformant les quelques grenades qu'elle venait tout juste de finir en pièges qui se déclencherait par des fils tendu devant la porte. Si la créature parvenait à passer dans les laboratoires, elle se prendrait une véritable douche enflammées. De son côté, le prototype de Joan n'était pas encore fonctionnel et il avait décidé de le mettre de côté pour le moment. Quant aux résultats de Torval et Annabelle, c'était loin d'être aussi prometteur. La porte était dans un très mauvais état, et ils avaient commencé à essayer de réparer le système de la porte. Mais Torval avait du mal avec une seule main et Annabelle était loin d'être aussi douée qu'avec un terminal.

Ils s'étaient installés autour de la table, l'eau à la bouche à cause de l'odeur qui se dégageait des plats. Ils mangèrent avec entrain, savourant chaque bouchée de ce qu'avait préparé Alvas, oubliant momentanément les problèmes auxquels ils devaient faire face. Après avoir mangé, ils décidèrent par un accord tacite que la journée était finie. Mais ils ne pouvaient pas laisser les choses ainsi. Toraël, Sif, Joan, Karène et Typhaine partirent pour s'assurer qu'ils ne risqueraient rien pendant la nuit en posant d'autre piège avec les moyens du bord ainsi que des alarmes. Ils ne savaient pas de quoi la créature était capable, mais si elle survivait à tous les pièges, au moins, ils seront réveillés par le bruit. Pendant ce temps-là Annabelle débarrassa la table tandis qu'Alvas partit voir l'état de la jeune Valérane. Elle dormait d'un sommeil agité. Visiblement, la mort de sa sœur devait la hanter terriblement. Alvas remonta la couverture qu'elle avait repoussée dans ses cauchemars et déposa une assiette encore tiède sur la petite table à côté d'elle. Elle aurait probablement faim quand elle se réveillerait.

Il se rendit ensuite dans le salon en attendant que les autre ne reviennent. Il leur fallut une quinzaine de minutes pour finir d'installer les piège improvisés. Ils s'installèrent tous les huit autours de la grande table pour discuter et libérer le stress qu'ils avaient accumulé pendant cette journée en jouant aux jeux de société dont ils avaient retrouvé toutes les pièces. Puis la fatigue se fit un peu plus présente et ils décidèrent de mettre en place des tours de garde avant d'aller se coucher. Une sécurité de plus qui ne serait pas de trop.

Alvas se retrouva avec le troisième tour, juste après celui de Joan. Ils se dirent alors bonne nuit avant d'aller se coucher tandis que Toraël prenait son poste dans les laboratoires. Alvas s'installa dans l'une des chambre et remonta la couverture sur lui. Mais même en sachant toutes les sécurités qui étaient mises en place, trouver le sommeil ne fut pas facile. La peur demeurait et le maintenait éveillé. Néanmoins, après quelques dizaines de minutes, la fatigue finit par le rattraper et il sombra dans le sommeil.

− Alvas !

Il ouvrit brusquement les yeux pour découvrir Joan, debout à l'entrée de sa chambre. Il cligna plusieurs fois des yeux et se redressa lentement.

− C'est à toi de monter la garde.

Alvas acquiesça et bailla longuement. Et dire qu'il dormait si bien. Il sortit de son lit, attrapa sa combinaison qu'il avait enlevée tandis que Joan rejoignait sa propre chambre, assommé par la fatigue. Alvas se leva péniblement et se dirigea vers les laboratoires. C'était surprenant comme le vaisseau semblait froid alors que tout le monde dormait. Il jeta un coup d'œil à la jeune Valérane qui dormait toujours. Son assiette était toujours là. Elle ne s'était pas réveillée. Il continua son chemin et s'installa aussi tranquillement que possible contre le mur. Restait à attendre deux heures avant de pouvoir aller réveiller Typhaine pour qu'elle prenne sa place.

Les minutes s'écoulèrent lentement, transformant l'instant en une éternité, et Alvas crut s'être endormi à plusieurs reprises, mais à chaque fois, il crut entendre un bruit qui le réveillait aussitôt. Mais à chaque fois, il vérifia tous les pièges, et aucun ne s'était déclenché et la porte demeurait fermée. La peur le faisait halluciner.

Sa montre finit par sonner, lui indiquant que l'heure était venue pour lui de retourner se coucher. Il se leva, secouant ses membres ankylosés et se dirigea vers les quartiers après avoir vérifié que tous les pièges étaient toujours en place. C'était curieux, le temps lui avait semblé passé beaucoup plus rapidement, vers la fin. Il traversa le couloir, atteignit la chambre de stase, passa le pont et se dirigea vers sa chambre. Mais il s'arrêta au milieu de l'escalier avec la désagréable impression d'avoir raté quelque-chose. Il fit demi-tour et se précipita vers la première chambre. Et il y découvrit le lit vide que la jeune Valérane avait quitté.

Prisonniers de l'inconnuOù les histoires vivent. Découvrez maintenant