Chase le savait, quand on joue avec le feu, on finit par se brûler. Il a atteint sa cible et entre eux, les étincelles ont déclenché un brasier dont les flammes ont tout ravagé sur leur passage. Le désir les a consumés et lorsque la combustion est a...
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Mes doigts s'enroulent instinctivement autour de la rampe de l'escalier, me permettant ainsi de garder mon équilibre et de ne pas dévaler les marches la tête la première. Je meurs d'envie de courir après Harmonie, de la retenir et de la supplier de m'écouter, de me croire. Mais mon cerveau ne donne aucun signal à mon corps et je reste là, debout, au beau milieu des escaliers, inquiet et blessé. Je dois prendre sur moi pour rebrousser chemin jusqu'à la chambre. Je savais qu'elle ne réagirait pas bien. Elle a besoin de temps pour encaisser ce que je viens de lui jeter à la figure et je le comprends. Pourtant, je crains qu'elle ne réfléchisse trop longtemps et qu'elle me foute à la porte avant de m'avoir laissé une chance de m'expliquer. Dans ce cas, je n'aurai plus aucun moyen de lui venir en aide et de la protéger de Tom.
Je retourne dans la chambre d'Eliott et décide de me remettre au travail. Je n'ai aucun doute sur le fait qu'Harmonie va garder ce secret pour elle. Personne ici ne saura jamais rien de notre discussion et si nous n'avons pas terminé de repeindre les murs, le petit garçon se posera des questions. Et je dois m'occuper en attendant qu'elle décide de revenir vers moi.
J'attrape le rouleau imbibé de peinture violette et poursuis ce que j'avais commencé. Mes mouvements sont lents et amorphes. J'ai beau y mettre toute ma bonne volonté, je ne parviens pas à me concentrer sur la tâche. Les mots cinglants prononcés par Harmonie tournent en boucle dans ma tête. Je ne devrais pas m'attarder là-dessus, c'était sûrement la colère ou je ne sais quelle autre émotion qui a parlé à sa place, mais mon cœur se serre chaque fois que j'y repense.
Cela fait des années que je me cache, que je garde une grande partie de ma vie pour moi par peur de la réaction des autres. À juste titre, il est évident que n'importe qui me dénoncerait à la police ou me tournerait le dos. Mais Harmonie a fait exception. Elle a ouvert tellement de portes, m'a tendu tellement de mains que j'ai fini par en saisir une et, contre toute attente, elle n'a pas pris ses jambes à son cou lorsque je lui ai confié à quel jeu je jouais. J'ai stupidement cru qu'elle pourrait aussi comprendre tout le reste. C'était idiot de ma part. Elle veut devenir psychologue, jamais elle ne jugerait quelqu'un qui joue à la roulette russe. Il était évident qu'elle chercherait à m'aider mais elle n'est pas suffisamment bête pour mettre en danger sa vie. Je tue des gens. À quoi je m'attendais ? À ce qu'elle me dise que tout allait bien se passer ? Que ce n'est pas grave ?
Et ne jure plus jamais que tu ne me veux pas de mal alors qu'en réalité, si on te demandait de me descendre, tu hésiterais !
Est-ce qu'elle a raison ? Est-ce que j'hésiterais entre sa vie et la mienne ? Non ! Bien sûr que non !
J'ai pris le premier avion pour la rejoindre alors que j'aurais pu rester chez moi et attendre que Tom se charge de la faire taire. Je suis venu jusqu'ici pour elle, pour la protéger de mes conneries. Je ne lui veux aucun mal et je suis profondément blessé qu'elle pense le contraire. J'aurais accepté sa peur, ses questions, ses insultes, n'importe quoi d'autre. J'aurais pu tout encaisser mais pas ça, pas ses doutes. Après tout ce que nous avons partagé ces derniers mois, comment peut-elle penser une telle chose ?