Chapitre 41

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PDVAshton 01/03/15 23:11

J'ai perdu de vu Alizée, disparue derrière les rideaux lourds et sombres de la scène, précédée d'un garçon brun. Je serre les poings, enfonce les ongles dans mes paumes, sans même m'en rendre compte et me rassois lourdement sur la chaise en bois, impuissant. Elle l'avait guidé jusqu'à sa loge, c'est bien parce qu'elle l'avait voulu, elle n'est pas en danger. Je passe une main furieuse sur la forme de mon revolver, coincé dans la poche serrée de mon jean.

Je noue mes pouces puis les délivre avant d'enfoncer mes mains dans mes poches. Une appréhension acide remonte peu à peu en moi, grignotant mon ventre et se formant un chemin jusqu'à ma gorge, se transformant naturellement en bile imaginaire et désagréable que je dompte par une salive déglutie.

Je soupire bruyamment lorsque le temps finit par s'étirer, un tapis se déroulant à l'infini et sans jamais s'arrêter. Je racle bruyamment ma chaise sur le sol, me valant quelques regards mauvais provenant des serveuses en petites tenues.

N'y tannant plus, je me lève comme un ressors et avance à grand pas, au prix d'un discret rebond, je monte sur la petite scène. Mes pieds frappe le bois dur et craquant, le pianiste adossé à son instrument me toise avec méfiance, caressant les touches bicolores du piano. Je m'engouffre dans le noir des rideaux et mets quelques temps à m'habituer à l'obscurité soudaine.

Je tâtonne à l'aveugle et avance dans le couloir sombre jusqu'à trouver la courbe familière d'une poignet froide et je l'actionne. La lumière illumine mais yeux et j'avance dans la minuscule loge d'Alizée. Elle est au fond de la pièce, parle avec un jeune homme brun de dos.

Elle lève un regard étonné vers moi.

_Ashton, tu n'a qu'à m'attendre dehors. Dit durement la jeune femme.

Elle lève deux pupilles haineuses vers moi et je comprends de façon explicite que je ne suis pas le bien venu, dérangeante clairement leur conversation apparente.

Elle sens le parfum à plein nez, cet odeur si particulière de lavande, rappelant par la même occasion son ancienne vie en Provence, laissée derrière elle.

Son regard froid ne me quitte pas et je me retrouve obligé de toiser méchamment l'homme s'étant tourné à moitié vers moi.

J'ai toujours fais attention à elle, je l'ai sauver de la chute mortelle, je l'ai aidé du mieux que j'ai pu lorsque ses illusions venaient la tourmenter, et elle me rejette désormais sans hésitation.

Je me reprends rapidement, je ne suis pas son paternel, la protéger n'est décidément pas mon rôle que je prends pourtant beaucoup trop au sérieux. Il est vrai que la situation est plus qu'ironique, j'étais l'homme censé l'enlever et la séquestrer, et me voilà prêt à tout pour former une barrière entre elle et le danger du monde, qui l'a engloutit depuis maintenant trop longtemps et envahit son esprit.

Je porte lentement mes doigts jusqu'à ma poche, titille avec un amusement non dissimulé la forme de mon revolver et enfourne ma main dans ma poche, en sortant un briqué noir et une cigarette. J'allume l'extrémité qui s'allume comme une lumière clignotante de noël et porte le cylindre à mon bec. Je m'approche à petit pas du duo à l'humeur froide se tenant près de moi et me place à droite, comme si j'étais le prêtre venu célébrer leurs unions.

J'inspire aisément la nicotine et rejette la fumée sur leurs deux visages, s'échouant sur leurs traits tirés.

Mon odorat est agressé par la lavande provenant du liquide transparent délicatement appliqué sur la peau tendre de son cou, et ma gorge devient vite un feu brûlant, un choc thermique m'assaille, le contraste entre le feu de ma gorge et le gel de mon corps.

Sweet Serial KillerOù les histoires vivent. Découvrez maintenant