Chapitre 29

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PDVAlizée 03/01/15 13 :44

Nous avons eu la chance qu’une gentille dame nous héberge la nuit dernière. Adam avait les mêmes yeux que son fils, ou bien quelque chose du genre, et le voir sans domicile fixe, c’était pour elle comme voir son enfant à la rue. On a eu un bon dîné et on a pu dormir dans un vrai lit, le paradis ! De plus, Harietta est sûrement la femme la plus adorable au monde. Adam et moi avons conclus, d’un commun accord silencieux, qu’informer Harietta de nos problèmes concernant un tueur en série fou et un trafiquant de drogue n’est pas la chose à faire. Sans même nous consterner, nous sommes tombés sur la même version qui était que nous sommes deux amoureux fugueurs, chose qu’elle a avalée sans aucun problème, fan de romans à l'eau de rose. Nous n’avons par contre rien trouvé à dire lorsqu’elle a regardé de plus près ma brûlure à la mâchoire, mon ventre, la jambe d’Adam et son tympan. Elle a finalement décidé d’elle-même et a essayé de nous soigner du mieux qu’elle a pu. Je l’ai vu blêmir, retenir sa nausée et passer par-dessus tout cela pour nous venir en aide. Elle est vraiment une femme remarquable. Elle n’a rien pu faire pour le tympan d’Adam et nous avons bien peur qu’il finisse sourd de son oreille droite jusqu’à la fin de sa vie.

Hier, j’ai sûrement passé la soirée la plus paisible de ma vie. Adam et moi avons ris pendant une bonne demie-heure –sous le regard maternel d’Harietta- quand nous nous sommes donnés nos noms entiers respectifs, Adam Frédérique Lembert pour lui, Alizée Rose Forks pour moi. Nous nous sommes empiffrés de chocolat et Harietta nous a fait cuire le poulet le plus merveilleux que je n’ai jamais mangé. J’ai appris hier qu’Adam habitait à Draguignan alors que je suis Cannoise, nous devons donc nous séparer pendant notre route.

Alors que nous calculions la longueur du chemin, la vitesse à laquelle nous devrions marcher pour atteindre en le moins de temps possible notre destination, Harietta s’est proposé de nous amener jusqu’à Frejus, où elle doit rendre visite à sa sœur, je crois.

Nous sommes donc actuellement dans la modeste clio d’Hariette, alors qu’elle semble captivée par la radio « Bleu Azur ». Nous roulons depuis maintenant deux ou trois heures, dans un silence rythmé par la radio. J’ai cru, pendant quelques instants, que nous étions suivit par une voiture noire mais mes dires semblent faux puisque j’ai désormais perdu de vue cette voiture.

_Quand nous serrons arrivés, nous allons nous séparer ? chuchotais-je à l’oreille d’Adam, espérant secrètement pour que sa réponse soit négative

Il semble hésiter pour me répond finalement dans un murmure.

_Il faut que j’aille voir ma mère, je dois lui dire qu’elle doit se marier avec Tom… Je…

_Je n’ai qu’à t’accompagner ? demandais-je d’une toute petite voix.

_Va retrouver ta famille, on se revoit dans un mois, je te le promets.

_Un mois, c’est vraiment long...

_Quatre semaine, alors ?

_Tu promets ? demandais-je, pleurnicharde

_Je tiens toujours mes promesses, toujours. me répond Adam en pressant ma main dans la sienne.

Je lui offre un sourire alors que je pose ma tête contre son torse et qu’il passe une main autour de mes maigres épaules. Nous restons dans cette position longuement, alors que j’entends le battement régulier du cœur d’Adam. Je tangue de temps en temps, comme un matelot sur un bateau, quand Harietta prend des virages pour le moins artistiques.

Elle arrête la voiture sur une aire d’autoroute. Je sors la première, la boule au ventre, et je la prends dans mes bras. Je sens mauvais, je suis sale, brulée mais je la presse contre moi et elle sourit à son tour. Après l’adieu d’Adam, elle remonte dans sa petite clio en nous faisant le signe le de la main le plus attristant que je n’ai jamais vu.

Sweet Serial KillerOù les histoires vivent. Découvrez maintenant