Médina, 20 Septembre 2022
Abibatou Diongue
Les mois se succédèrent...
La famine devint plus virale...
Et la misère continua...
Ma mère me disait chaque jour d'aller chez mon parrain.
Je voulais y aller, mais je ne voulais pas la laisser seule.
Je voulais y aller car sa fille Safietou était ma meilleure amie même s'il avait d'autres enfants aussi, elle avait mon âge et on partageait les mêmes centres d'intérêts . Nos discussions devenaient plus matures au fil des années mais sans plus... Des bandes dessinées aux séries télévisées . On aimait se voir, passer des moments ensemble malgré le minimes fois qu'on se rencontrait. Lors des fêtes familiales, d'anniversaires...
D'après ma mère , je devrai partir ce soir même. C'est vrai que je ne voulais pas la laisser seule, mais aussi le fait de quitter ma demeure habituelle pour une autre me rendait triste et inquiète.
J'entendis quelqu'un frapper à la porte de ma chambre.
«Entrez !».Dis-je.
«T'es prête ?». Demanda ma mère .
Je ne pipais mot.
«N'est-ce pas que je te parle !». S'exclama t-elle.
...
Mes lèvres ne s'ouvraient toujours pas.
«Aby! Es-tu devenue sourde ? Muette ?» Questionna t-elle.
Je ne répondais toujours pas.
C'était la meilleure décision à prendre selon moi car j'avais le cœur rempli d'inquiétude, de tristesse, d'angoisse, de mille choses dont je n'étais capable de prononcer.
Pendant que j'avais la tête remplie de mille et une pensées, une larme coula de mon œil gauche jusqu'à mon menton.
Cette larme mêlait beaucoup de souvenirs. Les souvenirs de l'enfance d'une petite fille innocente dans sa maison modeste qui craignait la saison des pluies.
Les souvenirs des bons soirs de dimanche que je passais au marché de Tilene , dans ses étroites ruelles très animées qui ne perdaient jamais leur charmes , je dépensais mes cinquante francs chez la vendeuse de beignets . Ah là là ! Des beignets dont je me lassais jamais ! Des beignets au goût exquis ! Ces beignets au sucre que je me payais par le biais des pièces que me versaient les aînés du quartier après que je leur rendais service.
Les souvenirs des après-midi que je passais chez Binetou ma voisine d'en face . Binetou ma presque sœur . Binetou ma voisine de table depuis la maternelle. Ces après-midi là . On jouait, jouait et jouait jusqu'à ce que sa mère venait ranger les jouets et nous contrôlait faire nos devoirs du lendemain.
Je l'ai d'ailleurs vu la veille et on a eu des mots...
Je lui ai fait part de mon départ . Elle était triste. Moi aussi...
On s'est pris dans les bras pendant plusieurs minutes jusqu'à ce que nos âmes ne faisaient plus qu'une.
Elle a dit qu'elle viendrait me voir ce soir avant mon départ .
« Garde moi tes larmes s'il te plaît! Quel que soit alpha, tu y iras ! Je n'en peux plus de tes frais ! Je n'en peux plus de te nourrir ! Non Aby ! Non ! S'il te plaît ! Fais-le pour moi ! Sinon, nous allons toutes les deux mourir dans cette misère dont on ne connaît guère sa fin. Depuis que la pension alimentaire de ton parrain passe entre les mains de sa femme là Aissatou , ce n'est plus régulier comme auparavant et je ne peux pas le dire à ton parrain, cela créerait des problèmes. Donc, va habiter chez lui comme ça tu mangeras à ta faim au moins. »
J'ai séché mes larmes,
pris mes bagages, et
me dirigeais vers la porte.
Devant le portail de la maison, je vis une Range Rover toute noire klaxonner. Ah ! Mon parrain était déjà présent. Il me sourit d'un air plutôt « excité ». Comme je pourrais le dire...
Il me fit un signe pour me demander de monter derrière à côté de lui, et le chauffeur descendit pour prendre mes affaires. Je me retournai pour dire au revoir à ma mère qui me souriait.
Je courus dans ses bras. Elle me serra fort, très fort même.
Puis, elle me dit :
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Abiba
Teen FictionDans les ruelles ensoleillées de Dakar, une ville côtière baignée par les vagues de l'Atlantique, Abiba est née sous le regard bienveillant du phare majestueux. C'est ici, entre les reflets dorés du sable et le murmure constant de l'océan, que comme...
