L'hymne

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Marinette trottinait sur les trottoirs de Paris en tirant sur la main d'Adrien. Elle avait l'espoir de le faire aller un peu plus vite, juste un peu plus vite... Mais il y mettait toute la mauvaise volonté dont il était capable.

- Arrête de faire l'idiot ! s'exclama t-elle soudain en se retournant pour lui faire face. On ne peut pas se permettre d'arriver en retard !

- C'est la première fois que je te vois aussi inquiète d'arriver en retard, souligna le blondinet avec un vaste sourire.

- C'est important !

- Plus que la soirée d'inauguration de ta propre boutique ?

Où elle était arrivée avec une bonne demie-heure de retard, comme vous pouviez vous y attendre. Il faut dire, pour sa défense, qu'elle avait dû faire un détour pour arrêter un bus dont les freins avaient subitement lâchés.

Adrien remarqua un léger changement dans l'attitude de sa belle. Oh, ce n'était presque rien : le regard qui ne brille plus exactement de la même manière, les traits qui se plissent, les poings qui se serrent... Des détails, vraiment, mais des détails qui savent attirer l'attention de ceux qui vous veulent du bien.

- Viens par là... fit-il en lui tendant la main.

L'espace d'un instant, il cru qu'elle allait l'envoyer balader mais après avoir hésité elle se laissa entraîner dans son étreinte. Adrien prit le temps de l'embrasser sur le front et de bien l'installer dans ses bras avant de poser son menton sur le sommet de son crâne. Machinalement, il se mit à lui caresser le dos et Marinette se détendit enfin, finissant même par lui rendre son étreinte.

- Tu sais bien, pourtant, que ton matou est un idiot, soupira le héros.

- J'ai toujours un peu d'espoir pour mon Adrien, marmonna t-elle.

- Tu m'en vois navré, mais les deux vont de paire.

- Je sais bien, et c'est très bien comme ça, mais...

Marinette soupira profondément avant de se dégager suffisamment pour pouvoir aller poser ses mains de part et d'autre du visage de son homme. Il l'interrogea du sourcil, intrigué, mais elle ne lui répondit pas.

- Mais...? l'encouragea t-il.

- ... Mais je ne comprend pas comment tu fais pour te comporter comme ça dans ce genre de situation... fini par répondre la jeune femme. Moi je suis stressée comme jamais, j'ai l'impression d'étouffer, et toi tu te comportes comme si... Comme si tout ça n'avait pas d'importance !

- C'est juste ma manière de gérer ce genre de situation, ma Lady, répondit Adrien en posant ses mains sur les siennes.

Il retira ces mains de son visage avec suffisamment d'adresse pour qu'elles laissent d'elles-mêmes des caresses sur ses joues. Il embrasse ensuite chacune de ses paumes avant de reprendre :

- Et puis, honnêtement, je ne comprends pas pourquoi toi tu te mets dans un état pareil... Qu'est-ce que nous risquons, au pire ?

Les pupilles de Marinette se mirent à sauter dans tout les sens, comme si elle cherchait absolument à lui donner tord... Mais rien de recevable ne lui vint à l'esprit.

- Mais si je peux te rassurer en faisant en sorte de ne pas arriver en retard...

Adrien balaya la rue du regard. Il faisait presque nuit, alors il n'eut qu'à faire quelques pas pour se cacher dans la pénombre d'une ruelle afin de revêtir le costume de son alter-égo. Souriant, Chat Noir revint vers sa belle en jouant avec sa ceinture avant de lui tendre une nouvelle fois la main. Marinette hésita un instant, mais un clin d'œil bien placé la fit céder et elle le laissa l'attirer vers lui.

La mélodie de Chat BlancOù les histoires vivent. Découvrez maintenant