Pari gagné

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Thomas frémissait sous la rosée matinale, regrettant l'agréable chaleur du bus en se pressant jusqu'au lycée. A cette heure-ci, les couloirs n'étaient pas encore chargés d'élèves. Quelques uns s'effaçaient derrière lui, quelques professeurs préparaient leur salle sans mot ni bruit. Pourtant une main lui saisit l'épaule alors qu'il remplissait son casier. Son cœur lâcha de terreur dans sa poitrine, une voix affolée lui ayant aussitôt susurré Newton.

Ce ne fut pas le regard perçant et noir de son aîné, mais bien deux billes rondes et ambrées, - celles qui tournent les visages sévères en sourires.

« Chuck... souffla-t-il. Tu m'as surpris.

— Excuse-moi, je pensais que tu m'avais entendu. fit l'adolescent, parlant joyeusement. Tu m'as l'air mal en point. C'est à cause de Newton ?

— Eh... Eh bien... murmura-t-il, se souvenant des menaces de son aîné. Son coup m'a humilié, je le sens encore un peu...

— As-tu toujours mal ? Je t'ai vu sortir de l'infirmerie hier, mais je n'ai pas osé te déranger.

— Ça va mieux, ne t'en fais pas...

— Et ton cœur ?

— Sanguinolent, pour l'instant... Je me suis fait rejeté par celui que j'admire depuis la quatrième, et par-dessus tout, il m'a seulement remarqué pour me mettre son poing au visage. C'est une pilule à avaler.

— Tu as le droit d'être en colère, Thomas. L'amour peut faire très mal. Mais, si ce n'est pas Newton, ce sera un autre. Un garçon bien plus aimable, droit, stable et poli que lui, c'en est certain.

— Newt n'est pas comme ça, - je le crois... Il est simplement... coincé.

— Coincé ? Tout le lycée est à ses pieds, ce serait étonnant.

— Oui, mais je le pense... perdu. Il doit avoir mal aussi, mais il sait bien le cacher.

— Peut-être... »

Chuck le regardait tout de même avec suspicion.

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Newton ne se montra pas de la journée. Dès dix-sept heures passées, Thomas se mit à sa recherche, agité d'un tourment étrange, rejoignant le grand gymnase puis le terrain de basket, lesquels restaient vides sous les ombres. La nuit était franche, glaciale, sans lune, sans bruit. Son gel aiguisé comme les lames convainquit Thomas d'attendre le lendemain pour espérer revoir le jeune homme. Cependant il n'eut pas à souffrir cette inquiétude ; il le trouva en passant par les toilettes recluses du campus.

Newton empoignait une bouteille de verre, le restant d'alcool baignant silencieusement à sa moitié, avachi sur le carrelage devenu si froid qu'il brûlait à travers l'épaisseur des vêtements.

« Newton ? interpela-t-il, le garçon relevant simplement les yeux. Qu'est-ce que tu fais ici ? »

Un rire grave vibra dans sa gorge. Thomas s'avança lentement, demandant en observant le liquide flottant dans le récipient : « Qu'est-ce qui te fait boire autant ?

— Ce n'est pas ton business, Edison. Sois gentil et casse-toi, tu le veux ?

— Je ne peux pas te laisser seul ici... le lycée va fermer.

— Inutile. Je suis un grand, Tommy. »

Il apporta la bouteille à ses lèvres, s'apprêtant à la finir sans plus d'une seule gorgée. Thomas le devança pour la lui prendre, et sa vigueur soudaine soutira à Newton des yeux noirs de colère.

« À quoi tu joues ? s'indigna-t-il, la voix maintenant menaçante.

— J'essaie de t'aider. Tu ne pourras pas rentrer en étant davantage alcoolisé, tu sombrerais sur les trottoirs. Avec ce froid, ça pourrait être dangereux.

OS NewtmasDes histoires addictives. Découvrez maintenant