J'ai besoin de toi. S'il te plaît. Es-tu disponible ?
Ce fut ce message qui hissa Thomas dans sa voiture et le fit conduire à travers la nuit et le froid de novembre. Celui-là même qui le poussa à sauter les marches de l'immeuble, ses doigts gesticulant maladroitement dans sa poche pour saisir le double des clefs et ouvrir précipitamment la porte, - celle qu'il aurait pu retrouver les yeux bandés et les bras attachés dans le dos. Il se rua dans l'appartement jusqu'à la chambre dès que le grincement habituel des boulons cessa. Newt était dans un lit emporté par des vagues de mouchoirs, remontant un regard reconnaissant vers son ami qui se jetait à ses pieds.
Thomas dit avec inquiétude en prenant ses mains : « Newt, chéri, tu vas bien ? Qu'y a-t-il ?
— Tommy... »
Il le prit d'une étreinte forte, Newt annonçant contre son cou : « Merci, mon Tommy... je n'avais pas envie de rester seul. Il... Il m'a quitté...
— Steve ? fit Thomas avec surprise. Mais... pourquoi donc ?
— Il dit que notre amour s'est pendu lui-même, de jolis mots pour résumer des mois d'efforts...
— Newt, je... je suis tellement désolé... bégaya Thomas, passant une main anxieuse sur sa nuque. Vous vous connaissiez depuis si longtemps...
— Nous sommes sortis ensemble en cinquième... ça ne s'était pas arrêté depuis. Je... Je ne comprends pas ce qu'il lui a pris...
— Il ne t'a rien dit d'autre ?
— Il a ajouté que j'étais égocentrique, que j'avais empiré notre situation...
— C'est faux ! s'agaça-t-il immédiatement. Tu as toujours été là pour lui, - tu n'as jamais cessé de le faire, même quand il avait tort !
— Je ne le satisfaisais pas assez... Cet idiot m'a aussi trompé...
— Q... Quoi ? rougit Thomas de colère. Mais avec qui ?
— Un collègue... précisa-t-il plus bas. Merde, Tommy... je suis aussi pathétique que ça ?
— Ne dis pas ces choses...
— Tommy, je n'arrive jamais à rien... contredit Newt. Je me serais aussi lassé à sa place.
— C'est faux, tu le sais ! Je n'ai jamais rencontré plus belle personne que toi... ! Tu es brillant, aimable, et tellement beau... Tu as tout, et il n'avait rien ! Un connard retardé par sa propre bêtise !
— Steve... Steve n'en n'est pas un...
— Newt, réfléchis mieux que ça... Quel homme doté d'intelligence tromperait ? Tout ceci ne me rend plus qu'heureux qu'il soit parti... Tu mérites tellement plus, plus juste, plus sincère, plus dévoué... Je m'étais toujours demandé comment un type comme lui avait pu charmer quelqu'un comme toi.
— Tu n'es pas obligé de me mentir, Tommy... Tu as toujours été mon chouchou dans notre bande, j'accepterai ta vérité.
— Newton, je t'en prie... Tu sais bien que je ne mens jamais, encore moins à toi. Regarde-toi... tu es parfait. Tu l'es tant à travers mes yeux.
— Tommy...
— Je te promets que tu auras mieux que lui.
— Le ferai-je vraiment ? Je veux dire... j'ai tout fait, avec lui... Mon premier baiser, mes premiers rendez-vous galants, mes premiers mots doux, ma... ma première putain de fois... murmura-t-il. Comment je pourrais même me croire capable de l'oublier ?
— Il n'est pas question de l'oublier... je te parle de continuer.
— J'aimerais que ce soit aussi simple...
