Chapitre 16

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lundi 25 avril – 7h03

J'ouvre les yeux : un océan marine me submerge. Mon cœur déborde littéralement. Je devrais peut-être suffoquer, ou manquer d'air, mais c'est juste le contraire qui se produit : j'ai l'impression de me sentir plus vivant que je ne l'ai jamais été et d'être exactement où je dois être. Juste parce qu'il me dévore de son regard et me sourit, la tête négligemment posée sur sa paume, en appui sur son coude.

- Hey, mon cœur...

Sans compter sa voix de velours qui me happe à peine ma conscience retrouvée. Voilà le meilleur réveil du monde, en fait – un réveil que je voudrais vivre chaque matin de ma vie... parfois, les rêves deviennent réalité, non ? Même si la réalisation de celui-ci suppose de déplacer des montagnes – est-ce que je suis prêt ? Son bras se resserre autour de ma taille dans une étreinte tendre.

Le soleil printanier diffuse sa lumière pâle au travers des rideaux mal fermés, emplissant ma chambre d'un voile chaud et velouté. Mais ses yeux sont quand même bleus – un genre de bleu turquoise parsemé de paillettes argentées. Il est beau. C'est ma première vision du jour. Ok : je retire ce que j'ai dit... dans ces conditions, je signe pour l'éternité.

- Hey, mon ange...

- Tu as bien dormi ?

- Oui... mais c'était trop court : je suis claqué... et je veux de plus longues nuits avec toi...

Je lève un sourcil enjôleur en agrippant sa nuque, pour le rapprocher de moi. Nos lèvres se rejoignent, tandis que nos jambes s'emmêlent de nouveau. Tout juste au réveil, sa bouche est tendre et d'une tiédeur alanguie, épousant la mienne à la perfection. Je veux précisément ça durant le reste de ma vie – et rien d'autre. Ces matins-là. Entre ses bras, dans la chaleur de son corps et sous la tendresse de ses baisers.

- Je dois me lever... mais je te jure que j'aurais préféré rester avec toi sous la couette...

Il se laisse tomber sur moi et enfouit sa tête dans mon cou en marmonnant :

- Moi aussi... Mais je suis obligé de me lever de toutes façons, puisque tu es mon chauffeur. J'ai un milliard de trucs à faire, en plus. J'ai réussi à récupérer la vidéo du match : il faut que j'écrive un papier vite fait avant cet après-midi, pour le Middlebury Post. Ce n'est vraiment pas le moment de laisser passer le moindre dollar.

Quand je rejoins la cuisine un peu avant 8 heures, Jen est en train de mixer des fruits au blender, dans un ronronnement doux. Elle interrompt sa préparation dès que j'apparais dans la pièce et m'interpelle d'une voix chargée de reproches :

- Hé !!! Mais qu'est-ce qu'il s'est passé ? Pourquoi tu ne m'as pas répondu ? J'étais super inquiète ! Heureusement que Monroe a posté des photos en story, ce qui m'a permis de constater que tu étais toujours vivant ! Tu aurais pu m'appeler, ou m'envoyer un message !

Je prends le premier mug que je trouve dans le placard et le remplis de café – c'est une priorité majeure si je veux éviter de m'endormir dès la première demi-heure de cours. Je reconnais quand même que j'aurais pu l'avertir, d'une manière ou d'une autre. Avec une grimace d'excuse, je tente d'expliquer :

- Désolé... mon téléphone est mort. On est rentré hyper tard. Milan est sous la douche, là. D'ailleurs, tu n'avais pas gardé ton ancien mobile ? Le temps que je puisse en racheter un...

Je glisse un regard vers elle tout en m'asseyant sur une chaise. Elle me fixe interdite et immobile, les yeux ronds. Je lève un sourcil interrogateur et nonchalant : est-ce que j'ai dit un truc déplacé à propos de son téléphone ou ... ?

- Quoi ?

- Ben, Milan... Il est là ?

- Je viens de te le dire : il est sous la douche.

capitaine, mon capitaineOù les histoires vivent. Découvrez maintenant