Ce chapitre contient une scène de sexe explicite. Je l'indique entre [[crochets]] si vous ne souhaitez pas la lire.
Mardi 26 avril - 18h47
Je tourne à droite, ainsi que le GPS me l'indique. South Maple Street – on y est ! Quelques dizaines de mètres plus loin, j'aperçois le n°19. Je ne peux empêcher mes lèvres de s'étirer toutes seules à l'idée que je vais voir Milan. Voir ? Mmmh... Pas exactement, en fait. Je vais l'embrasser, le serrer contre moi, caresser sa peau : une bouffée de chaleur m'étreint et je souris encore plus niaisement qu'il y a quelques secondes en l'imaginant déjà devant moi. Même s'il me faudra patienter un peu avant que mes envies ne se réalisent – il m'a envoyé un message vers 18h15 pour me prévenir que Lewis, qui l'a aidé à transporter ses dernières affaires, était toujours à Vergennes et qu'ils m'attendaient en prenant un verre. Finalement, je verrai peut-être le match des Celtics... je m'en fous : je sais que je passe la nuit ici, et que nous serons seuls. Cela suffit à me combler.
J'éteins le moteur et pousse un soupir en basculant la tête en arrière contre le siège : enfin cette journée, qui résonne un peu comme une page qui se tourne, est terminée ! Aujourd'hui avaient lieu les derniers cours avant les examens qui débutent jeudi – les profs ont chacun à leur tour dressé le bilan de cette année et présenté les projets à venir dans le niveau supérieur : les yeux remplis de paillettes tels les charlatans dans les foires d'autrefois, ils nous ont vanté la qualité des programmes prévus, la notoriété des intervenants choisis, les voyages ou les excursions envisagés... et tout ça, dans l'unique objectif de nous appâter, et si possible nous recruter... ce qui a plutôt bien fonctionné pour la majeure partie des étudiants, d'ailleurs. En ce qui me concerne, aucune fibre de mon cerveau n'a vibré en les entendant étaler leur marchandise : les mots de Milan tournent presque sans arrêt dans mon esprit et je dois reconnaitre que ce qui me paraissait une montagne à déplacer il y a 48 heures ressemble désormais à une espèce de colline insignifiante ; ce qui n'était qu'une idée impossible est devenue un espoir. Je n'ai pas envie de le laisser partir une deuxième fois ; je ne parviens pas à envisager l'année qui s'annonce sans lui. Maintenant que je sais qu'il y a un « nous » possible, hors de question de redevenir un « je » tout seul.
Maisie et moi avons présenté notre projet... ah oui, Maisie... l'air radieux qu'elle affichait aujourd'hui, et le petit sourire en coin qu'elle a essayé de dissimuler lorsque je lui ai demandé si le "film" lui avait plu hier soir me laissent penser que la sortie avec Gaby s'est plutôt bien déroulée. J'ai hâte d'avoir des nouvelles du principal intéressé, que je n'ai pas croisé de toute la journée – il passait l'examen de grammaire anglaise en fin de matinée. Et cet enfoiré n'a daigné répondre à aucun de mes messages curieux. Bref... je crois que Madame Ackermann a apprécié la précision de notre analyse et les pistes de réflexions que nous avons proposées. Il n'y a plus qu'à attendre les résultats. Dès la fin de notre intervention, j'ai couru à l'entrainement, dont l'horaire a été avancé pour permettre à ceux qui le souhaitent de suivre en direct la retransmission du 3e match des Celtics contre les Nets... C'est plutôt une bonne idée, même si je ne suis pas certain de suivre jusqu'au bout la rencontre... A propos de l'entrainement, quoi dire ? Je suis partagé : sur le plan sportif, c'est plutôt satisfaisant, et je suis optimiste pour la demi-finale ... mais lui... Greg... je lui en veux tellement, je le méprise tant, que je ne peux rien accepter de lui sans émettre un doute, une réplique, un reproche. Il l'a bien senti – ses adjoints aussi. Je conteste ses décisions dès que je sens la moindre faille ; je me réfère à Mike ou à Peter – qui l'eût cru ? – bref : je lui mets plus de bâtons dans les roues qu'il n'en a jamais eus – et d'ailleurs, aucun de mes coéquipiers ne me le reproche, pas même Chad et Junah, ces deux bâtards. Ils font d'ailleurs profils bas et en dehors des actions de jeu, ils demeurent un peu isolés. Je ne leur adresse pas la parole. Mis à part ces quelques détails – quelle blague ! – l'entraînement s'est plutôt bien passé : nous nous préparons à recevoir Williams College samedi après-midi, ici, à Middlebury. J'espère que nous irons jusqu'en finale. Milan a dit qu'il resterait tant que nous serions en lice. Il n'y a donc pas matière à discussion : nous devons aller au bout !
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capitaine, mon capitaine
Teen FictionRiver, 19 ans, étudiant en 2e année, est le capitaine de l'équipe de basket de l'université de Middlebury, dans le Vermont. Depuis des années, les Panthers enchainent les mauvais résultats, mais cette saison, tout peut changer ! Pour mener son équip...
