Nalia était maintenant allongée sur son lit. Le corps en feu, elle avait mis bien plus de temps que prévu à se laver et à appliquer de la pommade sur toutes ses anciennes blessures, mais aussi sur celles toutes fraîches qui parsemaient sa peau fragile.
Elle attendait patiemment que son père rentre pour enfin mettre son plan à exécution.
Consciente du risque énorme auquel elle allait se confronter, elle se disait qu'au fond, elle n'avait plus rien à perdre. Tenter de s'échapper lorsqu'il rentrerait complètement ivre était sûrement sa seule chance, aussi mince soit-elle.
Son corps tremblait, partagé entre l'impatience et une peur viscérale logée au creux de son ventre.
Elle avait préparé un sac dans lequel elle avait glissé quelques affaires importantes : sa carte d'identité, son passeport, des pansements, ses pommades, son inhalateur, ainsi qu'une petite bombe lacrymogène. Cette bombe serait sa seule arme pour affronter le monde extérieur. Rien de plus.
Elle n'avait pas grand-chose à emporter. Juste un jean, un pull, des sous-vêtements de rechange. Bien trop peu, pensa-t-elle avec amertume. Mais avait-elle vraiment le choix ? Son père ne lui avait jamais rien acheté. Ni vêtements. Ni nourriture. Rien.
Elle se raidit brusquement quand la porte d'entrée s'ouvrit, laissant échapper la voix d'un homme complètement ivre. Nalia n'osa même plus respirer. Elle attendait, immobile, que son père monte jusqu'à sa chambre pour pouvoir sortir à pas de loup. Son souffle s'accéléra lorsqu'elle entendit ses pas lourds résonner dans l'escalier, accompagnés de paroles décousues qu'il marmonnait tout seul. Signe évident qu'il était ivre mort. Lorsqu'il passa devant sa porte, tout son corps se mit à trembler de la tête aux pieds.
Heureusement, elle l'entendit continuer sa marche jusqu'à sa propre chambre. Elle retint son souffle, attendant encore quelques secondes pour s'assurer qu'il était bien à l'intérieur. Alors seulement, elle ouvrit doucement sa porte, retenant le grincement du bois.
Elle attrapa son sac, puis sortit de sa chambre dans un silence de mort. Chaque pas était une épreuve, mais elle parvint jusqu'aux escaliers et les descendit lentement, à la fois pour ne pas faire de bruit et parce que son corps la faisait souffrir à chaque mouvement.
Une fois en bas, la jeune femme enfila rapidement ses baskets, ouvrit la porte et s'engagea dans les rues sombres et vides de Catane. Ses jambes la portaient presque toutes seules, comme guidées par une force invisible. Petit à petit, elle prit conscience qu'elle avait réellement réussi. Elle s'était échappée. Elle avait brisé ses chaînes.
Elle était enfin libre.
« Libre. »
Ce mot résonnait dans son esprit, doux et cruel à la fois. Un piège. Une illusion.
Car oui, elle s'était libérée de son père.
Mais où aller maintenant ?
Elle n'avait ni famille, ni amis. Personne sur qui compter. Personne pour la prendre sous son aile.
Elle continua de marcher, s'enfonçant dans des rues qu'elle n'avait jamais vues auparavant. Ses jambes de coton la soutenaient à peine après deux heures de marche. Finalement, elle se laissa tomber sur le banc d'un parc.
La tête bascula en arrière, ses yeux se fermèrent et un soupir tremblant franchit ses lèvres. Elle savourait le silence. Le vent froid caressait sa peau, déclenchant des frissons qui parcouraient tout son corps fragile.
Épuisée, sans argent ni abri, Nalia s'allongea sur le banc glacé. Elle serra sa bombe lacrymogène contre sa poitrine comme une peluche protectrice, puis tenta de dormir, ne serait-ce que quelques minutes.
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Le Sort Du Destin
RomanceCette soirée... Il a fallut que Nalia s'enfuisse cette nuit, Il a fallut qu'elle toque à cette porte, Il a fallut que cet inconnu lui ouvre la porte, Il a fallut de cette porte pour basculer dans un enfer encore plus brûlant que l'était déjà le sien...
