● Chapitre 20

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Adelasia regarda Angelo qui se tenait devant elle, l'arme pointée devant lui, et un souffle de soulagement lui échappa des lèvres en constatant qu'il n'était pas sorti de la maison. La tension qui lui comprimait la poitrine depuis de longues minutes se relâcha d'un cran.

Angelo rangea rapidement son arme d'un geste sec et s'approcha d'elle, les yeux fixés sur le teint livide de Nalia qui essayait de capturer ne serait-ce qu'un filet d'air. Sa respiration sifflante emplissait la pièce, un bruit rauque et irrégulier qui semblait venir du fond d'un puits.

— Le tiroir! Elle a dit le tiroir! Je ne sais pas ce qu'il y a dedans mais je crois que c'est ça qui pourra l'aider! dit Adelasia, la voix brisée par la panique, en serrant Nalia dans ses bras comme si elle pouvait la retenir à la vie par la seule force de son étreinte.

Angelo se releva rapidement, le cœur battant la chamade, et se dirigea vers le tiroir de la table de chevet près du lit.

Il savait déjà ce à quoi faisait référence Adelasia en parlant du tiroir, et c'est sans grande difficulté qu'il trouva l'inhalateur, posé au fond, à côté d'un vieux livre à la couverture usée.

Il le prit et retourna en vitesse dans la salle de bain, où Adelasia était en train de pleurer tout en essayant de calmer Nalia. Ses épaules tressautaient à chaque sanglot, et ses mains caressaient machinalement les cheveux de la jeune femme, un geste répétitif, presque inconscient, comme une berceuse silencieuse.

La vision des larmes d'Adelasia lui contracta le cœur, une douleur inattendue, qui lui serra les côtes, mais il fit abstraction de cette sensation à ce moment précis et se dirigea vers Nalia.

Il s'accroupit à sa hauteur, sentant le carrelage froid traverser le tissu de son pantalon, et prit sa tête d'une délicatesse qui le surprit lui-même. Sa main, pourtant habituée à serrer des armes et à briser des os, se fit légère, presque hésitante, comme s'il avait peur de la casser. Il ramena l'inhalateur à sa bouche pour qu'elle puisse prendre une inspiration.

Nalia n'était plus maître de ses mouvements. Son corps tremblait de spasmes incontrôlables. Elle attrapa la main d'Angelo, celle où se trouvait l'inhalateur, et serra ses doigts autour des siens pour lui intimer d'appuyer une nouvelle fois. Sa peau était moite, glacée, et sa prise désespérée.

Angelo comprit son message et appuya à nouveau, en essayant d'ignorer le contact de sa main sur la sienne, ce contact soudain, ce poids léger, et sa main autour de sa nuque, où il sentait les battements affolés de son pouls sous ses doigts.

Après de longues minutes qui semblèrent durer une éternité, Nalia retrouva une respiration plus ou moins régulière. L'air entrait et sortait de ses poumons avec moins de difficulté, comme le calme qui s'installe après la tempête. Elle laissa tomber sa main le long de son corps, inerte, et ferma les yeux, ses paupières clignotant avant de s'immobiliser.

Angelo la regarda un long moment sans émettre le moindre son, et il resta là, figé, à observer le mouvement régulier de sa poitrine qui se soulevait et s'abaissait. Lorsqu'il réalisa qu'elle s'était assoupie dans ses bras, il se releva en la portant jusqu'à son lit, où il la coucha avec une précaution qu'il ne se connaissait pas. Ses bras la soutenaient comme on porte une chose fragile, précieuse, et il ignora le regard de surprise que lui lançait Adelasia, un regard mêlé d'incrédulité et de quelque chose qui ressemblait à de l'espoir.

Lorsqu'Angelo allait rabattre la couverture sur elle, il remarqua le nombre incalculable de cicatrices et blessures qui recouvraient ses bras et ses jambes.

Il la fixa pendant plusieurs minutes, analysant chacune des blessures qui lui était perceptible. Ses yeux parcouraient chaque ligne blanchâtre, chaque entaille encore rosée, chaque marque qui racontait une histoire de souffrance. Il serra les poings en reconnaissant quelques types de blessures qu'il avait lui-même déjà commises sur ses ennemis, des marques de lame, des brûlures, des traces de liens resserrés trop fort.

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