Angelo observa Lucas s'avancer lentement vers son bureau, un dossier à la main, qu'il déposa avec précaution sur le bois massif. Le geste était simple, presque banal, mais le silence qui l'accompagnait avait quelque chose d'inhabituel.
Lucas recula ensuite de quelques pas et, au lieu de repartir, laissa son regard glisser sur la pièce, comme s'il découvrait le bureau de son patron pour la première fois. Ses yeux s'attardaient sur les bibliothèques, sur les lourds rideaux de velours, sur la lueur tamisée de la lampe posée à gauche du bureau. Ses doigts s'agitaient nerveusement contre sa cuisse, trahissant une tension qu'il tentait maladroitement de dissimuler.
Angelo fronça les sourcils. Lui, qui connaissait chaque détail du langage corporel de ses hommes, ne manqua pas de remarquer ce trouble. Son regard s'assombrit, et sa voix claqua, froide et directe :
— Je peux savoir ce qu'il se passe pour que tu fuies mon regard ?
Lucas inspira profondément, comme si cette question lui avait arraché l'air des poumons. Ses lèvres se pincèrent et, après un court silence, il souffla, frustré :
— Disons juste... que je n'ai pas trouvé grand-chose à son sujet, M. Vincello.
Il passa une main fébrile dans ses cheveux, geste qu'il avait toujours lorsqu'il n'était pas satisfait de lui-même.
Lucas n'était pas n'importe quel employé. Il aimait son travail plus que tout. Ses recherches étaient sa fierté, son terrain de jeu et son obsession. Il pouvait sacrifier des nuits entières, des semaines entières, simplement pour fournir à son patron des résultats impeccables. Il excellait toujours, sans faute, sans jamais connaître l'amertume de l'échec.
Mais cette fois-ci, la tâche avait été différente. Cette fois-ci, ses efforts acharnés n'avaient mené qu'à une poignée d'informations presque ridicules. Il avait remué ciel et terre, fouillé des archives oubliées, épluché des bases de données, soudoyé des informateurs. Et pourtant, au bout du compte, il n'avait qu'une infime parcelle de vérité à offrir.
Le vide qui s'ouvrait dans son rapport était pour lui une véritable humiliation. Lucas détestait ce sentiment. L'inachevé. L'impuissance. Comme une gifle à son orgueil et à sa loyauté.
Angelo ne détourna pas son regard, ses yeux noirs pesant lourdement sur son assistant.
— C'est-à-dire ? demanda une voix féminine, douce mais ferme, provenant du coin de la pièce.
Adelasia venait de rompre le silence. Elle observait la scène avec l'acuité de quelqu'un qui savait toujours lire entre les lignes.
Lucas se tourna vers elle, le visage légèrement crispé, comme un enfant pris en faute.
— Disons juste... que cette femme est apparue soudainement sur Terre à une certaine année. Avant cette date... rien. Comme si elle n'avait jamais existé.
Ses épaules s'affaissèrent. Il baissa la tête, honteux, comme si ses mots sonnaient comme un aveu d'échec.
Angelo prit le rapport posé devant lui, le feuilleta rapidement, ses yeux parcourant les pages avec une vitesse impatiente, puis il le referma brusquement et le rejeta sur son bureau d'un geste sec. Son souffle s'échappa en un soupir las.
— Ne t'inquiète pas, Lucas. Tu as fait du bon travail. Tu peux disposer.
La voix de son patron, pourtant calme, portait une nuance de déception qui serra le cœur du jeune homme. Lucas hocha la tête, se redressa et quitta la pièce en silence. La porte se referma doucement derrière lui, laissant Angelo et Adelasia seuls dans une atmosphère lourde.
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Le Sort Du Destin
RomanceCette soirée... Il a fallut que Nalia s'enfuisse cette nuit, Il a fallut qu'elle toque à cette porte, Il a fallut que cet inconnu lui ouvre la porte, Il a fallut de cette porte pour basculer dans un enfer encore plus brûlant que l'était déjà le sien...
