Couchée en position fœtus, Nalia était morte de froid et l'état de son corps ne semblait pas vouloir s'améliorer. Ses os saillants lui donnaient l'impression de se briser sous le simple poids de ses propres vêtements. L'air humide de la cellule sentait le moisi et l'urine, lui piquant les narines à chaque respiration.
"Tu m'apporteras énormément d'argent"
Cette phrase tournait en boucle dans sa tête. Que voulait-il dire par là ? Il comptait vraiment la vendre ? Une boule de terreur lui serrait l'estomac à cette pensée. Au fond d'elle, elle savait que ça ne changerait rien quant au destin auquel elle serait confrontée. Elle serait vendue, et ses acheteurs lui feraient subir les mêmes atrocités qu'elle avait vécues jusqu'ici depuis sa tendre enfance. La peur la faisait frissonner, tandis que le vent glacial qui passait par la petite fenêtre laissait des frissons glacés courir le long de sa colonne vertébrale.
Elle avait abandonné tout espoir de s'enfuir. Elle s'était juré de ne plus verser une seule larme. Malgré la douleur qui lui comprimait la poitrine, elle essayait de rester forte en se disant qu'elle n'avait pas le droit de se plaindre, tout en sachant que certaines personnes vivent dans des conditions encore plus désastreuses que les siennes. Son cœur battait à tout rompre à chaque bruit dans la cellule, même le plus insignifiant.
Alors qu'elle essayait de dormir, le bruit du grillage qui s'ouvrit la fit sursauter et elle se redressa d'une traite. Le métal froid vibra sous le bruit, lui arrachant un frisson d'alarme. Son père entra avec un plateau de nourriture à la main. L'odeur âcre de l'humidité et du vieux pain moisi la fit reculer instinctivement.
Son ventre se réveilla immédiatement, lui rappelant qu'elle n'avait ni bu ni mangé depuis une longue période. Son estomac criait famine, et la douleur la fit se recroqueviller encore davantage. Son père s'approcha d'elle, ignorant royalement la peur qui se lisait dans ses yeux. Il déposa le plateau à ses pieds, et le bois froid fit vibrer ses doigts lorsqu'elle le toucha.
- Ça me répugne de devoir faire ça, mais t'as intérêt à finir ce plateau si tu ne veux pas repousser les hommes demain soir aux enchères, dit-il avec un regard rempli de haine et de dégoût à son égard.
Il lui cracha dessus. La chaleur humide de sa salive lui brûla la joue, et un frisson de dégoût la parcourut tout entière. Il sortit en l'insultant dans sa barbe.
Nalia s'essuya la joue d'un revers de la main alors qu'une seule et unique larme quittait son œil pour venir s'écraser silencieusement sur le sol humide et froid. Le bruit du liquide se mêlant à la poussière lui sembla presque assourdissant dans le silence pesant de la pièce.
Un rat passa à toute vitesse devant elle, ses griffes crissant contre le sol. Cela lui arracha un hoquet mêlé de peur et de surprise. Elle rapprocha le plateau d'elle d'une main tremblante, peinant à croire qu'elle allait enfin manger depuis tant de temps.
Étant dans le noir le plus total, elle dut tapoter dans le plateau à la recherche de nourriture. Le bois froid du plateau et la texture dure du pain moisi lui brûlaient les doigts. Poussant un souffle de soulagement, elle ramena le bout de pain à sa bouche qu'elle croqua à pleine dent.
Confirmant ses craintes, elle cracha le pain qu'elle avait dans la bouche en versant une larme. Le pain était moisi, le goût amer la fit grimacer, et elle sentait des morceaux durs piquer sa langue. Elle porta le verre d'eau à ses lèvres dans l'espoir d'enlever ce goût immonde, mais le liquide froid fit frissonner sa gorge douloureuse.
N'ayant d'autre choix que de se forcer à le manger, elle le ramena à nouveau à contrecœur et le mâcha difficilement, en réprimant son envie de vomir. Les larmes roulaient silencieusement sur ses joues. Elle pleurait, convaincue que son géniteur n'était pas venu lui apporter ce plateau dans le but de la nourrir, mais pour la torturer. Le connaissant trop bien, elle était persuadée que s'il revenait et voyait qu'elle n'avait pas fini ce plateau, elle se serait encore faite humilier de la pire des manières.
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Le Sort Du Destin
RomanceCette soirée... Il a fallut que Nalia s'enfuisse cette nuit, Il a fallut qu'elle toque à cette porte, Il a fallut que cet inconnu lui ouvre la porte, Il a fallut de cette porte pour basculer dans un enfer encore plus brûlant que l'était déjà le sien...
