● Chapitre 22

242 11 4
                                        

Nalia essayait d'éviter le regard insistant qu'Angelo posait sur elle. Elle le sentait sur sa peau, comme une brûlure. Elle savait que le jour arriverait où il voudrait des réponses à ses questions.

Des questions qu'elle-même ignorait.

Mais elle ne s'attendait pas à ce que ça arrive si tôt. Son ventre se noua à l'idée de la conversation qui l'attendait. Elle redoutait déjà chaque mot, chaque silence, chaque regard qu'il allait poser sur elle.

Néanmoins, une petite lueur de réconfort traversa son esprit: il avait promis à Adelasia qu'il ne bougerait pas de sa place. Elle n'était pas sûre qu'il soit digne de confiance. À tout moment, il pourrait se lever et lui trouer la tête, elle le savait. Mais le regard qu'il avait lancé à Adelasia lui avait en quelque sorte confirmé qu'il tiendrait sa promesse.

Elle prenait un risque énorme en se basant uniquement sur son instinct. Mais elle essayait de se rassurer comme elle pouvait, parce qu'au fond, elle savait qu'elle ne ressortirait pas indemne de cet interrogatoire.

Toutes leurs confrontations précédentes s'étaient terminées de façon catastrophique. Chaque fois, elle avait eu l'impression de marcher sur un champ de mines. Et une pointe d'appréhension restait logée dans sa gorge.

Angelo la fixait d'un œil insistant, scrutant son visage, cherchant à percer le mystère qu'elle représentait pour lui. Il fouillait ses traits, ses moindres respirations, espérant y déceler une faille.

Mais il n'arrivait pas à la déchiffrer. Elle était un mystère total, une porte verrouillée dont il n'avait pas la clé.

Il voulait s'entretenir avec elle au plus vite. Lui soutirer des informations. Apprendre à la connaître, ou du moins à la cerner. Son dossier était beaucoup trop vierge à son goût, et il savait que quelque chose clochait.

Nalia, elle, ne daignait pas lever les yeux vers lui. Elle fixait la nappe, son assiette à moitié entammée, les couverts abandonnés sur le bord de la table. N'importe quoi, pourvu qu'elle évite son regard. Elle avait peur de s'attirer à nouveau ses foudres.

Le silence régnait dans la pièce. Chaque seconde qui passait augmentait le malaise de Nalia. Elle attendait qu'il lui dise ce qu'il avait à dire, pour qu'elle puisse vite s'éloigner de lui, retourner dans cette chambre où elle se sentait un peu en sécurité.

Angelo prit une grande inspiration. Ses poumons se gonflèrent lentement, comme s'il puisait dans ses réserves de patience. Puis il daigna enfin prendre la parole.

— Qu'est-ce que tu préparais avec ton père à la soirée d'enchères?

Sa voix s'était faite plus tranchante. Nalia sentit un frisson glacé lui parcourir l'échine. Son estomac se noua si fort qu'elle crut un instant qu'elle allait vomir. Pourtant, elle releva brusquement la tête, les yeux écarquillés.

— Je ne comprends pas ce que vous voulez dire, répondit-elle.

Sa voix trembla légèrement, elle ne put le contrôler. Mais elle soutint son regard. Elle refusait de baisser les yeux la première.

Angelo pencha la tête sur le côté, un sourire froid aux lèvres. Il la détaillait lentement, comme s'il cherchait une faille dans son armure.

— Vraiment? Tu veux que je sois plus clair? Très bien.

Il marqua une pause, laissant le silence s'épaissir.

— Imaginons.. comment comptais-tu faire pour ramener de l'argent à ton père si le chef de la mafia irlandaise aurait réussi à t'acheter?

Il voulait savoir comment elle comptait s'y prendre avec cet homme. Parce que c'était sûrement son plan de base. Et si c'était le cas, elle serait capable de l'appliquer sur lui aussi.

Le Sort Du DestinDes histoires addictives. Découvrez maintenant