Nalia regarda Angelo retourner s'asseoir, son verre à la main, qu'il but d'une traite avant de le redéposer sur la table sans la quitter du regard.
Elle était toujours debout derrière sa chaise, qu'elle serrait de ses doigts crispés, les jointures blanchies par la tension. Elle essayait de réprimer la peur qui lui rongeait le ventre. Chaque muscle de son corps était tendu, prêt à fuir, prêt à se défendre.
— Tu peux te rasseoir, tu sais. Je ne vais pas te manger.
Nalia hésita une seconde, sentant ses jambes flageolantes. La honte lui brûlait les joues. Elle se sentait idiote, ridicule. Mais elle avait eu si peur.
Il la regarda par-dessus le bord du verre, le regard pétillant d'une lueur qu'elle ne saurait déchiffrer.
Sa voix était calme, mais Nalia y perçut une note qu'elle n'arrivait pas à identifier. De la lassitude, peut-être. Ou de la résignation.
Nalia le regarda droit dans les yeux et essaya tant bien que mal de déceler une quelconque émotion qui émanerait de cet homme. Mais son visage était un masque impénétrable, un mur de pierre contre lequel elle se heurtait en vain.
Elle n'arrivait toujours pas à savoir si elle pouvait lui faire confiance, étant donné qu'il serait prêt à se débarrasser d'elle si elle ne lui était plus d'aucune utilité. La scène qui s'était déroulée précédemment était bel et bien une preuve qu'il ne lui faisait pas confiance. Comment aurait-il pu, d'ailleurs? Elle n'était qu'une inconnue, la fille de son ennemi juré.
— Qu'est-ce qui peut m'assurer que vous n'essayerez pas de me tuer? demanda tout de même Nalia.
Sa voix tremblait légèrement, mais elle soutint son regard. Elle refusait de baisser les yeux, même si son cœur battait si fort qu'elle l'entendait résonner dans ses oreilles.
— J'ai donné ma parole à Adelasia, renchérit-il sans sourciller devant sa question.
Ses mots tombèrent comme un verdict. Il n'ajouta rien, ne tenta pas de la rassurer davantage. Sa parole suffisait. Ou du moins, c'est ce qu'il semblait croire.
Nalia avait du mal à y croire, mais elle espérait qu'il était bel et bien sérieux. Après leur petite confrontation due au malentendu, elle savait qu'il serait prêt à l'achever si elle dépassait les bornes. Pourtant, quelque chose dans sa voix, à peine perceptible, lui soufflait qu'il ne mentait pas.
Elle se réinstalla tout de même, lentement, car son ventre criait famine malgré la peur qui lui tiraillait l'échine. La faim était plus forte que la raison, plus forte que la peur. Elle saisit ses couverts d'une main tremblante et entreprit de manger, chaque bouchée lui demandant un effort surhumain.
Angelo fixa Nalia, qui avait enfin daigné se rasseoir, et la regarda un long moment en hésitant à révéler le fond de sa pensée. Il ne savait pas s'il devait prendre la parole ou simplement ignorer ce qui s'était passé il y a quelques minutes. Les images de leur confrontation tournaient en boucle dans son esprit, et il sentait un poids lui comprimer la poitrine.
Un sentiment de frustration lui serra le cœur en réalisant qu'il n'avait jusqu'alors jamais éprouvé une quelconque sensation d'hésitation quant à ce qu'il devait faire. D'habitude, les décisions lui venaient naturellement, tranchantes et définitives. Mais avec elle, tout était différent.
Tout était trouble.
Après quelques minutes à broyer du noir, il se décida enfin à lui révéler ce qu'il essayait d'ignorer sans cesse. Il se redressa de façon à poser ses avant-bras sur la table et racla sa gorge pour attirer l'attention de Nalia, qui était désormais assise, mais la tête baissée.
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Le Sort Du Destin
RomanceCette soirée... Il a fallut que Nalia s'enfuisse cette nuit, Il a fallut qu'elle toque à cette porte, Il a fallut que cet inconnu lui ouvre la porte, Il a fallut de cette porte pour basculer dans un enfer encore plus brûlant que l'était déjà le sien...
