Nalia venait de sourire pour la première fois.
Adelasia la regarda, incrédule. Elle ne s'attendait pas à la voir sourire si tôt. Elle gardait espoir qu'elle se rétablisse un jour. Alors, lorsqu'elle le vit apparaître sur son visage, simplement parce qu'on lui avait donné l'autorisation de se nourrir, son cœur se réchauffa et se brisa en même temps.
Adelasia n'arrivait pas à s'imaginer ce qu'elle avait dû vivre pour devoir demander la permission de manger.
Elle savait déjà que son existence n'avait pas été facile. Lorsqu'elle avait soigné et pansé ses blessures, elle avait vu l'ampleur des dégâts. Et rien ne l'avait préparée à ça.
***
La lumière du soir traversait les rideaux tirés, dessinant des ombres orangées sur les murs de la chambre. Nalia émergea lentement de son sommeil en sentant une main lui caresser les cheveux, un geste doux.
Elle ouvrit difficilement les yeux. Ses paupières étaient lourdes, collées par les larmes séchées. Et son cœur se réchauffa en constatant qu'Adelasia se trouvait à ses côtés, veillant sur elle comme une veilleuse silencieuse.
— Enfin réveillée? demanda Adelasia en lui offrant un sourire.
Sa voix était douce, mais Nalia y perçut une inquiétude à peine dissimulée. Elle se redressa lentement sur le lit, pour se retrouver en position assise. Ses muscles la brûlaient. Elle regarda l'heure: une petite horloge sur la table de chevet indiquait qu'elle avait dormi une heure.
— Comment te sens-tu, ma chère? questionna Adelasia.
Ses doigts pianotaient nerveusement sur ses genoux. Elle redoutait la réponse.
Nalia la regarda sans comprendre pourquoi elle lui posait cette question. Son esprit était encore embrumé, noyé dans un brouillard épais qu'elle n'arrivait pas à dissiper.
Adelasia sembla saisir son incompréhension. Elle se pencha en avant, lui prit les mains et la regarda droit dans les yeux.
— Tu ne t'en souviens pas, n'est-ce pas? affirma-t-elle doucement.
Ce n'était pas une question. C'était une constatation, pleine de tristesse.
Nalia secoua la tête comme seule réponse. Un vide. Un trou noir dans sa mémoire. Elle savait qu'il s'était passé quelque chose, mais les détails lui échappaient, glissant entre ses doigts comme du sable.
Adelasia prit une grande inspiration. Ses épaules se soulevèrent, et elle expira lentement, comme pour se donner le courage de prononcer les mots qui allaient suivre.
— Tu as fait une crise de panique, ma belle. Angelo est arrivé à temps et on a réussi à te tirer d'affaire, dit-elle.
Ses yeux cherchaient ceux de Nalia, guettant la moindre réaction. Une lueur d'espoir ou peut-être une nouvelle vague de peur.
Et là, tout lui revint en tête.
D'un coup. Brutal. Comme une bouteille sous pression qui explosait.
Le moment où Adelasia l'avait ramenée dans la salle de bain. Celui où elle avait découvert ses blessures. La crise de panique, cette sensation d'étouffement, sa cage thoracique qui se resserrait, l'air qui refusait d'entrer dans ses poumons. Adelasia qui la tenait dans ses bras en essayant de l'aider à respirer, sa voix suppliante, brisée. Angelo arrivé en trombe, le souffle court. Angelo qui l'avait prise dans ses bras pour lui porter l'inhalateur aux lèvres. Et le moment où elle s'était endormie contre lui, épuisée, vidée.
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Le Sort Du Destin
RomanceCette soirée... Il a fallut que Nalia s'enfuisse cette nuit, Il a fallut qu'elle toque à cette porte, Il a fallut que cet inconnu lui ouvre la porte, Il a fallut de cette porte pour basculer dans un enfer encore plus brûlant que l'était déjà le sien...
