- Q-quoi ? demanda le commissaire-priseur, affichant une mine faussement joyeuse, bien que sa voix tremblante trahisse son trouble.
Un silence pesant s'installa aussitôt. Toute la salle, vendeur compris, resta figée, l'expression surprise imprimée sur chaque visage. Les regards se tournaient tous vers le fond de la pièce, d'où venait de retentir cette voix grave et sombre qui avait glacé l'air.
Nalia, tremblante, fixait l'homme qui l'observait depuis le début. Il se leva lentement, les mains dans les poches, et s'avança vers eux avec une assurance froide qui fit frissonner son échine. Chaque pas qu'il faisait résonnait sur le sol, lourd, menaçant, et l'air lui sembla soudain étouffant.
Le vieil homme, celui qui s'était autoproclamé futur acheteur, recula à son approche jusqu'à heurter une table derrière lui, renversant des verres qui éclatèrent au sol dans un fracas qui résonna dans le silence. Personne ne réagit.
- Cent millions, répéta l'homme, sa voix tranchant le silence comme une lame. Son regard noir se planta dans celui de Nalia.
Elle sentit son corps entier trembler sous ce regard. Il était immense, imposant, presque inhumain. Pas seulement elle semblait le craindre : toute la salle avait reculé, chacun s'écartant instinctivement, comme si sa simple présence écrasait tout autour de lui.
Le vendeur déglutit avec difficulté, la sueur perlant déjà sur son front.
- B-bien... Quelqu'un... quelqu'un dit mieux ? bafouilla-t-il d'une voix cassée.
...
Aucun bruit. Pas même un souffle. On aurait dit que la pièce entière retenait sa respiration. Nalia, les jambes flageolantes, eut un mal fou à contenir ses larmes. Elle comprit à cet instant que son destin venait de se sceller auprès de cet homme.
- Adjugé... vendu ! La perle de ce soir est achetée par monsieur... bredouilla le commissaire-priseur.
- Vincello, acheva sèchement l'homme.
Son ton claqua comme une sentence. Personne n'osa répliquer. Le silence de mort fut brisé par un cri désespéré.
- C'est pas vrai ! C'est un mensonge ! beugla le vieil homme. Qui diable serait capable de payer une telle somme ?! Je suis le plus riche ici !
Il pointa un doigt tremblant vers l'homme qui venait de faire l'offre, son visage rouge de colère et de peur.
- Tu n'es qu'un menteur ! Tu crois vraiment repartir d'ici en emportant cette créature avec toi ?! Tu te croyais malin, sale fils de chien ! Mais tes plans tombent à l'eau ! Je viens de dévoiler ta vraie nature devant tout le monde ! Rends-la-moi tout de suite, sinon je t'assure que tu le regretteras, et crois-moi, ça fera très mal !
Le vieillard crachait ces mots, mais chacun résonnait dans le vide, impuissant. Vincello continua d'avancer, lentement, chacun de ses pas résonnant comme des coups de tonnerre. Plus il approchait, plus la confiance du vieil homme se dissipait. Ses yeux, d'abord pleins de défi, perdirent leur éclat pour laisser place à une lueur apeurée.
Arrivé devant lui, Vincello se pencha, amenant son visage à hauteur du sien. Son souffle glacé effleura la peau de son adversaire.
- Je suis curieux, grogna-t-il d'une voix grave, presque un murmure. De quelle manière exactement comptes-tu me faire regretter ?
Chaque syllabe vibrait de menace. Nalia eut un réflexe de recul, mais son dos heurta brutalement le torse du commentateur derrière elle. Elle frissonna, prise au piège, son cœur battant si fort qu'elle crut qu'il allait exploser.
Le vieil homme, tremblant, chercha à retrouver contenance. Sa gorge sèche laissa échapper une réplique inutile.
- Crois-moi, mon petit... tu préférerais ne pas savoir. Car une fois que tu le sauras, tu me supplieras à genoux de t'achever sur le coup...
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Le Sort Du Destin
عاطفيةCette soirée... Il a fallut que Nalia s'enfuisse cette nuit, Il a fallut qu'elle toque à cette porte, Il a fallut que cet inconnu lui ouvre la porte, Il a fallut de cette porte pour basculer dans un enfer encore plus brûlant que l'était déjà le sien...
