Angelo descendit de sa voiture et claqua la portière derrière lui. Le bruit métallique résonna dans le silence du parking désaffecté. Ses semelles frappaient sur le gravier alors qu'il se dirigeait vers l'entrepôt abandonné où Kamel l'attendait déjà, adossé contre le mur, en nettoyant son arme tout en chantonnant un air d'opéra.
Lorsqu'il le vit arriver, Kamel se redressa et afficha un sourire en lui tendant une clé.
— À qui ai-je affaire? Demanda Angelo en prenant la clé sans prendre la peine de le saluer. Ses doigts se refermèrent dessus, secs, précis.
— Merci je vais bien, j'ai passé une merveilleuse journée et toi? Lança Kamel sur un ton moqueur, un sourcil arqué.
Angelo lui lança un regard noir, chargé d'une telle intensité que l'air sembla se comprimer entre eux. Kamel sentit le poids du regard et se reprit aussitôt, comprenant qu'il n'était pas d'humeur à faire des blagues. Il effaça son sourire d'un geste habituel, comme on range un masque.
— Gabriel Rolzou. Un misogyne qui violentait sa femme et qui a fait de nombreux trafics d'organes de jeunes enfants. Il a également capturé plusieurs jeunes garçons avec lesquels il s'amusait à les faire se battre entre eux jusqu'à ce que l'un achève l'autre, avant de torturer le survivant jusqu'à ce que la mort l'emporte. Il vous avait également volé une grande somme d'argent lors de vos débuts dans la mafia. Commença Kamel en ayant repris son sérieux.
Un rictus mauvais déforma les lèvres de l'Italien avant qu'il ne se dirige vers l'entrepôt et ne déverrouille la porte. Le métal gratta, la serrure émit un claquement sourd.
— Exactement ce qu'il me fallait… Dit-il avant d'entrer dans cette pièce abandonnée où quelques fenêtres brisées laissaient quelques rayons de la lumière de la lune s'infiltrer en cette nuit nuageuse.
L'orage allait s'abattre.
Il avança d'une lenteur délibérée dans cette salle alors qu'il pouvait déjà entendre des plaintes s'élever au fin fond de cet endroit. Des gémissements, étouffés, irréguliers, comme un animal blessé qui respire encore.
Un rire mauvais s'échappa des lèvres d'Angelo alors que la personne en question commençait à apparaître dans son champ de vision. Une masse sombre, recroquevillée contre le mur du fond.
Il arriva à sa hauteur et se planta devant lui, le dévisageant de toute sa hauteur alors que cette masse au sol gémissait de douleur. L'odeur de la sueur et du sang séché flottait autour d'eux, écœurante.
Angelo s'accroupit à son niveau et attrapa d'une main ses cheveux pour lui faire relever la tête.
Un léger rire quitta la barrière de ses lèvres lorsqu'il constata que le visage de sa victime était déjà bien amoché. Du sang séché s'étalait sur presque tout son visage, laissant deviner que la personne qui s'était amusée avec lui n'y était pas allée de main morte. Des ecchymoses violacées marquaient ses tempes, ses pommettes, sa mâchoire.
Ses poignets étaient attachés à des menottes en fer scellées aux murs de part et d'autre de sa tête, le forçant à rester dans une position qui lui tirait les épaules vers l'arrière. Il avait un œil au beurre noir, fermé, gonflé, et Angelo constata qu'il avait déjà perdu une grande partie de ses dents lorsqu'il ouvrit la bouche pour le supplier de l'épargner. Sa voix était pâteuse, hachée, à peine compréhensible.
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Le Sort Du Destin
RomanceCette soirée... Il a fallut que Nalia s'enfuisse cette nuit, Il a fallut qu'elle toque à cette porte, Il a fallut que cet inconnu lui ouvre la porte, Il a fallut de cette porte pour basculer dans un enfer encore plus brûlant que l'était déjà le sien...
