● Chapitre 15

221 14 5
                                        

Nalia ouvrit difficilement les yeux, ses paupières lourdes semblant peser une tonne. Sa tête lui martelait comme si des milliers de coups de marteau s'abattaient dessus sans répit. Une douleur sourde résonnait dans son crâne et chaque pulsation accentuait son malaise.

Son regard se posa autour d'elle, brouillé par un instant de vertige, puis se fit plus clair. Elle se redressa brusquement lorsqu'elle réalisa qu'elle n'était pas dans une cellule humide et glaciale, mais dans une chambre. Une chambre spacieuse, décorée avec goût, aux murs pâles qui reflétaient la lumière matinale filtrant par une large fenêtre. Le contraste avec l'endroit où elle pensait devoir se réveiller la déstabilisa au point qu'elle crut un instant rêver.

Elle essaya de rassembler ses souvenirs de la veille, mais son esprit demeura voilé. Chaque tentative de se remémorer des passages précis échouait, comme si une brume épaisse effaçait ses pensées.

Ses doigts se crispèrent sur le drap, qu'elle serra à s'en blanchir les jointures. Son regard glissa ensuite vers la porte d'entrée.

Un frisson glacé remonta le long de son échine lorsqu'elle croisa une paire de yeux noirs, sombres et impénétrables, qu'elle aurait voulu fuir à tout prix.

Il était là.

Adossé à l'embrasure de la porte, les bras croisés, Angelo la fixait. Son regard perçant la clouait sur place, comme s'il cherchait à la disséquer, à percer jusqu'au moindre de ses secrets. La tension qui émanait de lui emplissait la pièce et alourdissait l'air.

Il plissa les yeux, à l'affût du moindre signe, d'une fissure dans son attitude, d'un geste ou d'un regard qui confirmerait qu'elle n'était qu'une actrice habile, une manipulatrice parmi tant d'autres. Son cœur, pourtant, battait sous l'effet d'une autre peur : et si Kamel avait raison ? Une part de lui refusait de l'admettre, mais dans le tréfonds de son être, il savait déjà que sa haine l'aveuglait.

Nalia, elle, resta immobile. Ne sachant quoi faire d'autre, elle soutint ce regard noir qui la transperçait. Elle avait l'impression qu'il lisait en elle comme dans un livre grand ouvert, qu'il pouvait deviner la moindre de ses pensées. Cette sensation d'exposition totale lui arracha un nouveau frisson.

— Dépêche-toi de te lever et de descendre si tu veux pas crever de faim, lança-t-il d'une voix glaciale, tranchante comme une lame.

Dans sa voix vibrait une haine brute. Nalia sentit son corps réagir malgré elle. Ses mains se resserrèrent sur les draps pour cacher les tremblements qui l'agitaient.

— Que je n'ai pas à me répéter, ajouta-t-il avant de tourner les talons et disparaître dans le couloir.

La porte claqua doucement derrière lui, mais l'oppression qu'il laissait derrière semblait peser encore plus fort sur sa poitrine.

Après avoir quitté la chambre, Angelo descendit rapidement et se dirigea vers son bureau. Il entra sans un mot et ferma la porte derrière lui, comme pour s'isoler du monde.

Sur une table près de la fenêtre, une bouteille de vin rouge à moitié entamée l'attendait. Il se servit un verre, le liquide sombre tourbillonnant quelques instants avant qu'il ne l'avale d'une gorgée. 

Il se laissa tomber sur le fauteuil de son bureau, desserrant d'un geste agacé sa cravate qui l'étouffait. Ses épaules s'affaissèrent, et il poussa un long soupir d'exaspération. Malgré tous ses efforts, il n'arrivait pas à trouver la moindre faille dans le comportement de Nalia. Rien qui puisse confirmer sa conviction qu'elle était une menteuse. Cette absence de preuves le rendait fou.

Ses coudes se posèrent sur le bureau, ses mains encadrèrent son visage. Ses pensées tournaient en boucle autour d'une seule obsession : trouver un moyen de se débarrasser rapidement de David et de Nalia. Sa simple présence dans cette villa lui était devenue insupportable, comme un nuage de fumée qui s'infiltrait partout.

Le Sort Du DestinDes histoires addictives. Découvrez maintenant