● Chapitre 19

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La famine réveilla Nalia, qui s'était endormie depuis quelques heures maintenant.

Elle s'assit avec difficulté sur son lit et regarda l'heure qu'affichait l'horloge.

18h10

Elle écarquilla les yeux en réalisant qu'il était déjà si tard et qu'elle n'avait encore rien mangé.

Elle se passa une main sur le visage, ne sachant pas ce qu'elle devait faire. La lumière déclinait doucement derrière les rideaux, teintant la chambre d'une ombre grisâtre qui alourdissait l'atmosphère. Dehors, on devinait le jour qui s'éteignait lentement. Le silence était si épais qu'il en devenait presque oppressant, seulement brisé par le tic-tac régulier de l'horloge.

Avait-elle le droit de sortir de sa chambre? Pouvait-elle utiliser la salle de bain sans autorisation? Avait-elle le droit de manger?

Énormément de questions se bousculaient dans sa tête, et lorsqu'elle commença à paniquer, une personne toqua à sa porte avant d'entrer.

Elle fut soulagée de constater qu'il ne s'agissait que d'Adelasia et affaissa ses épaules, qui étaient tendues. La tension qui lui comprimait la poitrine depuis son réveil se relâcha d'un coup.

— Comment vas-tu, ma chère? Tu as bien dormi? demanda Adelasia en refermant la porte derrière elle.

Des bribes de souvenirs de son altercation avec elle lui remontèrent, et elle baissa immédiatement la tête de gêne en se remémorant s'être endormie dans ses bras. La chaleur de ce souvenir contrastait avec le froid du carrelage qu'elle sentait encore sous ses pieds, et ce contraste lui serra le ventre.

— Je suis désolée pour tout à l'heure, dit-elle en jouant avec ses mains, signe de nervosité. Ses doigts s'entrelaçaient dans un mouvement frénétique, comme s'ils cherchaient à attraper quelque chose d'invisible.

Adelasia s'approcha d'elle et posa une main bienveillante sur sa joue en lui souriant tendrement. Sa paume était chaude, et Nalia sentit ce contact comme une bouée jetée à un noyé.

— Mais enfin, ne t'en fais pas, ma belle, c'est tout à fait normal.

Nalia leva la tête et ancra son regard dans le sien pour essayer de savoir si elle était sérieuse ou pas. Les yeux d'Adelasia étaient calmes, d'une sincérité désarmante, et Nalia sentit une infime brèche s'ouvrir dans sa carapace. C'était une sensation étrange, presque douloureuse, comme si on retirait délicatement une écharde enfoncée depuis si longtemps qu'on avait oublié sa présence.

Adelasia ne lui laissa pas le temps de réfléchir plus longtemps: elle lui prit la main et la conduisit dans la salle de bain. Ses doigts étaient fermes mais doux, et Nalia se laissa guider sans opposer de résistance, comme une enfant qu'on mène par la main dans un couloir sombre.

— Maintenant, tu vas te laver, et après on descendra manger, parce que ça fait un petit bout de temps que tu n'as pas mangé et ça m'étonnerait que ton petit estomac ne réclame pas un bon petit repas chaud, dit-elle en sortant de la chambre pour revenir quelques secondes plus tard avec des vêtements de rechange.

— Voici des vêtements pour te changer. Je t'attends dans ta chambre. Si jamais tu as besoin d'aide pour quelque chose, n'hésite surtout pas à m'appeler. J'ai remarqué que tu es assez fatiguée, et si tu as des difficultés à te laver, je serai là pour t'aider, dit-elle avant de sortir de la salle de bain et de fermer la porte derrière elle.

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