Un mal de crâne obligea Nalia à ouvrir les yeux. La douleur lui martelait les tempes, comme si son crâne allait éclater. Elle se redressa difficilement, ses muscles endoloris se plaignant à chaque mouvement, et porta ses mains tremblantes à sa tête pour essayer de calmer cette pression insupportable. Sa gorge était sèche, et un goût d'angoisse persistait dans sa bouche.
Le souvenir de la soirée passée revint aussitôt, brutal et implacable.
Son ventre se noua et des larmes montèrent au coin de ses yeux, prêtes à couler. Mais, d'un geste brusque, elle les refoula.
Non.
Pas encore. Pleurer ne servirait à rien.
Elle s'efforça de respirer profondément, même si son souffle restait saccadé. Ça ne sert à rien de se lamenter sur son sort, pensa-t-elle avec amertume. Il y a sûrement des personnes sur terre qui vivent des conditions pires que la sienne...
Peu à peu, ses yeux s'habituèrent à l'obscurité oppressante qui régnait autour d'elle. Elle découvrit alors l'endroit où elle se trouvait.
Une cellule.
Petite, étouffante, sans fenêtres. Seule une ampoule, accrochée au plafond, diffusait une lumière jaunâtre et vacillante, qui grésillait parfois, comme si elle menaçait de s'éteindre pour de bon. Les murs suintaient d'humidité et dégageaient une odeur de moisi qui lui monta à la gorge.
En balayant la pièce du regard, son estomac se retourna. Des taches brunâtres maculaient les murs, du sang séché. Dans un coin, un cadavre de souris gisait, le corps rongé par les insectes. Elle détourna immédiatement le regard, refusant d'ancrer cette vision dans son esprit.
Elle réalisa qu'elle était allongée sur un lit à barreaux en fer, grinçant au moindre mouvement. Le matelas était si fin qu'elle sentait presque les lattes sous son corps meurtri, mais c'était toujours mieux que le sol froid et humide.
La notion du temps n'était plus présente. Elle ignorait s'il faisait jour ou nuit dehors, combien d'heures ou de jours avaient passé depuis la vente.
Elle ramena ses jambes contre elle et les serra de ses bras, se berçant légèrement d'avant en arrière pour apaiser la panique qui lui broyait la poitrine. Elle murmura dans sa tête, encore et encore:
Pleurs, tortures, peur, crises, famine.
Pleurs, tortures, peur, crises, famine.
Pleurs, tortures, peur, crises, famine.
Le rythme de ces mots résonnait comme un battement de cœur malade. Son corps, recouvert de cicatrices dissimulées sous le fond de teint, semblait hurler sous chaque respiration. Elle priait presque pour que la douleur devienne insupportable, qu'elle l'anéantisse enfin.
Mourir lui paraissait, à cet instant, comme une délivrance.
Puis son regard tomba vers ses pieds. Son souffle se bloqua.
Là, posé sur le sol, se trouvait son inhalateur. Ses doigts fébriles se précipitèrent dessus malgré les élancements dans ses muscles, et elle le serra contre sa poitrine comme un trésor. Pour la première fois depuis longtemps, une lueur de soulagement effleura son cœur.
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Le Sort Du Destin
Roman d'amourCette soirée... Il a fallut que Nalia s'enfuisse cette nuit, Il a fallut qu'elle toque à cette porte, Il a fallut que cet inconnu lui ouvre la porte, Il a fallut de cette porte pour basculer dans un enfer encore plus brûlant que l'était déjà le sien...
