● Chapitre 13

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Nalia se leva difficilement et commença à suivre l'homme devant elle. Il gardait une distance de sécurité, et elle ne put s'empêcher de lui être silencieusement reconnaissante pour cette précaution, bien que son cœur battait encore à tout rompre.

Kamel commença à monter les escaliers qui menaient à la sortie du sous-sol. Une fois arrivé en haut, il se retourna pour s'assurer que Nalia le suivait.

Il fut surpris de ne la voir qu'à la moitié des escaliers. Il la scruta de la tête aux pieds, remarquant la lenteur de chacun de ses mouvements et l'effort évident que lui demandait chaque pas.

Nalia s'accrochait à la rampe des deux mains, montant avec une lenteur presque douloureuse. Son corps, affaibli par la faim et l'épuisement, semblait lourd comme du plomb, et se déplacer avec lui exigeait un effort surhumain.

Elle leva les yeux vers le sommet des escaliers et aperçut Kamel, immobile, l'attendant sans flancher. Elle baissa la tête et se mordit la lèvre inférieure pour empêcher un sanglot de s'échapper. La peur et la honte se mêlaient dans son esprit ; elle se sentait tellement dégradée qu'elle aurait préféré disparaître sur place plutôt que d'affronter ces yeux qui la transperçaient.

Après un effort intense, où elle tenta désespérément de dissimuler son malheur, elle parvint enfin à sortir et se tint debout devant Kamel, qui l'inspectait avec insistance.

En effet, dans la cellule, la faible lumière lui permettait de masquer ses cicatrices, mais la lumière du jour révélait désormais chaque marque, chaque égratignure, chaque cicatrice qu'elle avait tenté de cacher. Ses bras essayaient de protéger ses blessures, mais elles étaient trop nombreuses, trop visibles.

Kamel fronça les sourcils en voyant l'état du corps de cette jeune femme. Était-ce Angelo qui avait pu lui faire ça ? pensa-t-il, horrifié à l'idée que son ami, son fidèle compagnon, ait osé lever la main sur une femme.

Une sourde colère monta en lui, se propageant comme un feu dans ses veines. Il refusait de croire qu'Angelo ait pu commettre un tel acte, il lui faisait trop confiance. Malgré le fait qu'ils aient déjà eu affaire à des femmes traîtresses, ou envoyées dans le seul but de les séduire pour leur soutirer des informations, jamais ils ne s'étaient permis de lever la main sur l'une d'elles. Jamais ils n'avaient eu recours à la violence physique sur des femmes. C'était une ligne qu'ils ne franchissaient pas, une règle silencieuse qu'ils respectaient même face à la tromperie la plus calculée. Le choc et la colère se mêlaient dans son esprit ; il décida d'attendre le soir lorsque Angelo rentrera pour lui parler plutôt que de tirer des conclusions hâtives.

Nalia, de son côté, attendait patiemment qu'il la traite de moins que rien, qu'il lui fasse comprendre son dégoût pour elle. Mais il resta silencieux, ce qui la surprit et la soulagea secrètement. Elle n'avait aucune envie de subir des remarques désobligeantes sur son corps meurtri.

Elle souffla profondément et se mit à suivre Kamel, qui traversait le jardin d'un pas décidé en direction de ce qui semblait être une villa.

L'herbe fraîche et légèrement humide caressa ses pieds nus, lui provoquant des frissons qui remontèrent le long de son échine. Le vent frais de l'après-midi effleurait sa peau et soulevait ses cheveux sales, emmêlés et ternes. Elle savourait, du mieux qu'elle pouvait, cette sensation fugace de liberté, consciente qu'après sa douche, elle retournerait probablement dans une cellule et que personne ne saurait quand elle en ressortirait.

Ce bref moment de répit s'interrompit rapidement lorsqu'ils arrivèrent devant la porte de la villa, où deux gardes se tenaient, l'un de chaque côté.

Nalia se raidit, intimidée par leurs regards insistants. La peur s'intensifia lorsqu'elle vit l'un des gardes étirer ses lèvres en un sourire ambigu tout en la dévisageant de la tête aux pieds, qui lui donna l'impression d'être un objet plutôt qu'une personne.

Le Sort Du DestinOù les histoires vivent. Découvrez maintenant