love you in the dark

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CHAPITRE 25

love you in the dark // adele


          La suite de l'interrogatoire n'avait pas été très passionnante. À en juger par la frustration grandissante, les Aurors n'avaient pas trouvé ce qu'ils voulaient. Malgré plusieurs tentatives, Mercy n'avait rien lâché, et lorsqu'ils se levèrent, elle retient un soupir de soulagement. Au fur et à mesure de cette discussion qui n'aboutissait à rien, Mercy avait senti la fatigue les envahir. Elle avait longtemps bluffé qu'elle tiendrait jusqu'au bout de la nuit, malgré le fait qu'elle se sentait elle aussi exténuée, et ça avait marché. Ou peut-être pas, en fait. Les Aurors discutèrent brièvement entre eux, et finalement, lui firent signe de sortir. Elle se leva, docilement, et ignora le regard noir que lui jetait l'homme qui avait essayé de la pousser à bout. Elle se dirigea vers la cellule de Malfoy. Il avait posé sa tête contre les barreaux, et attendait. Elle s'arrêta face à lui et il leva doucement les yeux vers elle. Elle ne lui dit rien, mais lui adressa un sourire compatissant, avant de se tourner vers les hommes restés au bout du couloir. L'un d'eux capta son regard et se dirigea vers elle.

- Il va être suspendu, Mademoiselle. Nous n'avons rien pour prouver sa culpabilité.

- Vous n'avez donc pas le droit de le détenir plus longtemps.

- Seul Monsieur Shacklebolt pourra décider de son sort définitif, à cause de son statut particulier, mais en attendant, il devra être raccompagné chez lui, et ne pourra pas quitter son domicile.

- Je vais le faire, libérez-le.

Il hésita un bref instant et soupira. L'homme était fatigué, il ne voulait pas lutter longtemps avec elle. Malgré ça, il ne semblait pas enclin à la laisser faire.

- Je ne pense pas pouvoir vous laisser faire ça.

- Je suis responsable de lui, personne n'est plus adapté que moi pour faire ça.

Elle avait parlé fort, et fermement, pour donner l'impression qu'elle était encore prête à argumenter longtemps. L'homme était dépité, et capitula avant même d'aller plus loin. Il fit signe à l'homme qui avait ouvert la cellule tout à l'heure d'ouvrir la porte. En même temps, il fit apparaître un formulaire qu'il tendit à Mercy. Elle le signa et le rendit. Malfoy se redressa lentement et Mercy sentit ses inquiétudes s'envoler. L'homme avec qui elle s'entretenait marmonna un maléfice que Mercy reconnut comme permettant de localiser une personne. Malfoy franchit doucement les portes de la cellule et Mercy lui fit un signe de tête. Elle releva ensuite le regard vers l'homme qui inspectait rapidement le formulaire, et elle franchit la porte en compagnie de Malfoy. Celui-ci resta silencieux, bien qu'il était plus détendu. Il massait ses poignets endoloris, tout en prenant soin de bien tirer la manche déchirée de sa chemise. Elle le guida jusqu'à la sortie, à travers cette fameuse porte derrière une affiche, et il inspira pleinement l'air de la ruelle en s'étirant. L'air était frais, presque glacial. Elle laissa Malfoy en profiter. Il se sentait encore mieux que lorsqu'on lui avait retiré les menottes. Il observait la ruelle comme si c'était la première fois qu'il la voyait. Il savourait sa liberté.

- Tu veux marcher ou transplaner jusqu'à chez toi ?

La question n'était pas essentielle, bien évidemment que, même s'il savourait grandement l'air frais, Malfoy préférait transplaner. Mais elle n'avait pas voulu lui ordonner quoi que ce soit. Il avait probablement déjà assez reçu assez d'ordre pour aujourd'hui. Il ne répondit même pas, lui attrapa l'épaule, et transplana.


**********


          Draco était exténué. Sa tête n'avait pas cessé de le lancer, l'interrogatoire avait été une purge sans fin, et l'attente qui avait suivi, un supplice. Il avait mal partout, et il avait soif. Aussitôt après avoir transplané chez lui, il lâcha l'épaule de Lewis pour se précipiter vers l'évier de la cuisine. Jamais transplaner ne lui avait donné envie de vomir de cette manière. Un premier spasme secoua sa poitrine, mais rien ne remonta dans sa gorge. Il ne se souvenait même plus de la dernière fois qu'il avait mangé. Lewis l'avait observé avant de se diriger vers la salle de bain. Il l'entendait fouiller dans les tiroirs. Lui, était appuyé sur le bord de son évier, les bras tremblants de fatigue. Il avait besoin de s'appuyer pour ne pas s'effondrer, mais il n'était pas certain que ses bras le soutiennent longtemps. Draco se sentit secoué par un second spasme, et il cracha l'eau qu'il avait bu un peu plus tôt dans la nuit. Le soleil se levait doucement au-dessus des toits de Londres, que l'on voyait à travers les fenêtres de son appartement. Il inspira profondément quand sa nausée disparut petit à petit. L'appartement régnait dans un silence quasiment complet. Il se retourna vers la pièce, toujours en s'appuyant contre l'évier. Il observa Lewis qui revenait de la salle de bain en posant une trousse de secours sur l'îlot de la cuisine. Elle lui désigna un tabouret devant elle et il obtempéra. Elle semblait fatiguée, mais aussi en colère. Le silence qui pesait n'était pas très agréable, mais ni l'un ni l'autre ne semblait avoir la force de commencer une conversation. Pourtant, Draco avait beaucoup de questions. Lewis s'était fait une place près de lui, entre ses cuisses, pour pouvoir s'occuper de la blessure sur son front. Dans un premier temps, elle la nettoyait. Draco grimaça lorsqu'elle effleura la plaie, mais elle ne dit rien. Elle nettoyait le sang séché qui avait coulé dans ses cheveux, et le long de son visage. Elle était concentrée et, comme toujours, fit preuve de patience et de délicatesse. Elle se tenait proche de lui, il sentait l'odeur de vieux livres et de feu de cheminée, et le visage de la jeune femme n'était qu'a quelques centimètres du sien, alors qu'elle ne lâchait pas sa tâche des yeux. Il inspira fébrilement, repoussant violemment l'envie de l'embrasser qui l'avait traversé.

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