Chapitre 14

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14.


Je marche sans réel but, histoire de
m'aérer l'esprit. De mettre cette histoire à plat.
Je repense à l'expression de mon animateur. Il était comme inanimé, sans émotions. Je n'ai su le décrypter, deviner ce qu'il ressentait vraiment.
Il a pris un masque d'impassibilité et m'a parlé d'une voix tellement monotone que je doute de sa sincérité.
Je m'en veux d'être partie si vite, de ne pas avoir exprimée mon ressenti. Mais surtout de ne pas avoir entendu le sien. Je veux savoir ce qu'il pense vraiment.

Alors je décide de faire demi-tour. Je sais que se que je ressens et se que je fais sont des choses extrêmement contradictoire mais je décide tout de même de retourner le voir et de l'obliger à me parler. Et puis, il faut dire que j'ai bien envie de me griller une deuxième clope n'ayant pas assez profité de la première.
Je n'ai jamais été une grande fumeuse, seulement une fumeuse de soirée. C'est la première fois que j'ai réellement envie d'une cigarette. Et j'ignore la raison de cette envie soudaine.

Alors que je marche pour rejoindre l'animateur, je percute quelqu'un qui viens d'un chemin que je n'ai pas vu.

- Haven ?

Je lève la tête pour apercevoir qui je viens de bousculer.

- Tony !

Et merde. Je l'avais oubliée lui. Il manquait plus que ça.
Avec tout ce qu'il s'est passé hier soir, j'ai complètement oubliée l'épisode de mon baiser avec le ténébreux. Il est vrai que ce fut agréable mais rien comparé avec celui d'Esteban.

- Ça va ? Depuis hier... Me demande le garçon un sourire en coin.

Et bien comment te dire... Pour résumer la situation, après notre baiser j'ai appris que mon père était un escroc et un criminel, j'ai fait une crise d'angoisse que notre animateur à calmer, en parlant de lui ! Tu vas rire, il se trouve que j'ai été à une soirée avec lui parce qu'il me l'avait proposé, on s'est embrassé et après s'être bien bourré la gueule on a couché ensemble ! Et puis pour finir ce matin j'ai été le retrouver et sans aucune émotion aucune il m'a dit que c'était une erreur et qu'on allait faire comme si rien de tout cela ne s'était passé, le problème c'est que je pense fortement que pour moi c'était beaucoup plus que cela, sans savoir exactement ce que cette nuit a réellement signifié. Bref pour finir, je vais aller me fumer une clope avec lui pour comprendre ces réels sentiments.

- Ça va. Répondis-je à la place.

La main du garçon s'approche de moi et vient se poser sur mon bras tandis qu'il me dit d'une voix ténébreuse.

- Tu sais, à propos de hier

Un cri interrompt le garçon qui retire sa main en une fraction de seconde avant de se tourner vers la source de ce bruit. Je fais de même et une fille aux cheveux blonds entre dans mon champ de vision.

- Tony ! Je t'avais dit de m'attendre ! Dit-elle d'une voix extrêmement aiguë.

Génial, voilà le pot de peinture, j'ai nommée Cassandra !

- C'est bon Cass' marche plus vite la prochaine fois.

- Mais mon chou tu sais bien que c'est difficile de marcher dans les graviers avec mes chaussures.

J'essaie de ne pas exploser de rire en voyant les talons que porte la blonde.

- T'aurais dû mettre des baskets.

Une fois à notre hauteur, la blonde tourne la tête vers moi comme si elle ne m'avait pas vu jusqu'ici.

- Et tu es ?

M'interdire c'est m'inciterOù les histoires vivent. Découvrez maintenant