Chapitre X

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AMARIS

Il était tard quand j'ai enfin cessé de m'épuiser.

Quand j'ai quitté le studio, il n'y avait aucun bruit dans les couloirs du lycée.

Aucun bruit mis à part le son d'une sorte de guitare électrique qui émanait de la salle de musique.

Il fallait que ça attise ma curiosité bien sûr, alors je m'approchai doucement de la pièce, mes sens en alerte de peur que la personne me voit.

La musique était si bien trouvée que je ne pouvais m'empêcher d'avancer encore plus près malgré que j'eus déjà aperçu le visage de la personne qui tenait cette fameuse guitare électrique.

Nate était assis près d'une grosse boite noire (il faut dire que je ne m'y connais pas du tout en guitare électrique), il était si concentré sur ses mains qu'il ne me vit pas l'observer.

Alors c'est pour ça qu'il a refusé de sortir avec le reste du groupe.

J'ouvris la porte, assez pour qu'il se rende compte de ma présence et qu'il s'arrête immédiatement dans son élan.

– Tu aurais pu aussi dire que tu faisais de la guitare pendant la course.

Il fronça les sourcils, l'air de se demander de quoi je parlais, puis il comprit.

– J'étais sûr que tu te souvenais plus de ça.
– J'avais peut-être un peu bu certes mais...
– Un peu ?
– Tais-toi. Je me rappelle très bien de ce que tu m'as dit.

Il posa la guitare sur le sol, se leva et s'approcha d'une table sur laquelle il enroula plusieurs fils sans continuer la discussion.

En voyant que je ne ne fis rien de plus que rester planter dans l'embrasure de la porte, il pivota entièrement vers moi, en posant ce qu'il avait dans les mains.

– Qu'est-ce que tu veux ?
– Tu peux recommencer ?
– Recommencer quoi ?

Je lui montrai la guitare du menton, qu'il regarda à son tour et un rire glacial sortit de sa bouche, me faisant regretter d'avoir posé la question.

– T'étais pas censé entendre ça alors non.

Je riais à mon tour, il se foutait de qui là ?

– Tu t'attendais à quoi en laissant la porte ouverte, le son à fond au moment où tout le monde dort ?
– Justement tout le monde, enfin presque à ce que je vois.
– Pourquoi je n'aurai pas dû entendre ça ?
– Occupe toi de ce qui te regarde la retardataire. Tu devrais te concentrer sur tes entraînements vu la catastrophe que tu as fait tout à l'heure.

Quand est-ce que je le tue ?

– Et c'est moi qui doit m'occuper de ce qui me regarde ? Si tu t'incrustais pas à tous nos entraînements, tu n'aurais rien à dire. Alors vas-y, explique moi ce qui te pousse à venir tous les jours ?
– Je veux voir jusqu'où va le rôle que tu joues ici.

Je ne répondis pas immédiatement. D'accord il l'avait compris, c'était évident.

Nate n'était pas si débile que ce que je pensais finalement. Sauf que maintenant j'avais une nouvelle angoisse : qu'il le dise à tout le monde.

– Et alors, jusqu'où il va ?
– Pas très loin, puisque finalement je me suis rendu compte que tu n'étais pas si différente ici qu'en dehors des courses.

Mon jeu d'acteur était si mauvais pour que Nate Bush le remarque ? Ou peut-être qu'il était juste mauvais tout court ?

– Écoute je me fou complètement de ce que tu fais de ta vie, ça m'intéresse pas, alors fais en autant avec moi.
– Si tu te fous autant de ma vie alors tu verras pas d'inconvénient à ce que je te pose une question ?
– J'ai rien à cacher.
– Pourquoi est-ce que tu tenais tant à ce que Colin te dise ce qu'il se passait le week-end ? Tu sais, ce que je lui interdisais de te raconter ?

AMARISOù les histoires vivent. Découvrez maintenant