Le sable sous tes pieds, le vent marin rafraîchissant, le ciel bleu et la mer. La mer, si forte, si puissante et si belle.
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Vous êtes arrivés à l'hôtel en début d'après-midi. En sortant de la voiture, tu as été frappée par la fraîcheur de l'air. Le vent de la mer te souffle au visage comme pour te souhaiter la bienvenue, mais le pantalon et le lourd t-shirt que tu portes t'empêchent de profiter pleinement de ce changement de décor. Il y a longtemps que tu n'étais pas allée à la mer, avec la pandémie et les vagues de confinement des années précédentes, ainsi que le peu de vacances que tu as, il est rare que tu trouves le temps de partir en week-end. Après avoir fait le check-in et rangé vos valises dans la chambre, vous sortez pour aller à la plage.
Tu t'es changée avant de partir. Tu portes ton maillot de bain en dessous d'un combishort noir. Le tissu est très léger et virevolte au vent comme de la dentelle. Ton maillot de bain est un maillot "une-pièce" bleu à motif feuilles de palmier. C'est un maillot à bretelles, avec un joli décolleté sans trop montrer ta poitrine et un court short qui laisse voir la courbe de ton fessier sans vulgarité. Il laisse voir la forme de tes hanches, sans t'étouffer le ventre. Entre autre, c'est le maillot parfait.
Sur le chemin de la plage, vous passez par les rues remplies de restaurants en plein air. Tu repères quelques noms de plats qui te font envie, et tu notes dans un coin de ta tête une liste de restaurants dans lesquels vous pourriez manger durant votre séjour. En marchant, le vent marin te redit bonjour. Le tissu de ton combishort virevolte dans tous les sens, tes cheveux sont attachés avec une jolie pince, tes mèches volent au vent, et tu inhales joyeusement la fraîcheur de la brise. Tu ne t'es jamais sentie aussi bien, aussi belle, aussi légère, aussi vivifiée. Comme ça fait du bien !
Vous arrivez à la plage. Le vent marin devient de plus en plus puissant au fur et à mesure que vous vous approchez de la mer. Cette dernière est tellement bleue, tu la trouves si belle. Le sable a été longuement chauffé par le soleil brûlant de midi. Vous installez vos serviettes de plage à l'ombre et posez vos affaires. Tu retires ton combishort, te laissant en maillot, et commence à te mettre de la crème solaire. Il est 15h, le soleil ne tape pas aussi fort qu'il y a une heure, mais il reste assez chaud pour permettre à la mer de garder une bonne température.
Une fois que la mer prit contact avec tes pieds, un poids se retire instantanément de tes épaules. L'eau est un peu plus froide que tu ne l'avais espéré, mais tu t'y fais. Les vagues sont fortes et l'odeur de sel te chatouille les narines. Tu continues de t'avancer jusqu'à ce que l'eau t'arrive en dessous de la poitrine. Tu ne t'éloignes pas trop car le courant est très fort, mais tu baisses tes jambes pour que l'eau t'arrive aux épaules. Ta famille te rejoint et vous profitez tous ensemble des joies de la mer.
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Enfant, tu détestais la mer. Lorsque tu allais nager, tu ne voyais en elle que son affreux goût qui pénètre dans ta bouche et tes narines, le sel qui te pique les yeux, les algues qui se collent à tes jambes, le sable qui s'infiltre dans ton maillot et qui te gratte la peau. Lorsque tu marchais sur la plage, c'était le sable mouillé qui colle à tes pieds qui t'agaçait et qui rendait ta balade désagréable.En grandissant, ton mépris pour la mer s'est vite transformé en attachement. Tu es tombée sous le charme de sa couleur bleue, de son odeur vivifiante, de sa fraîcheur au contact de tes pieds dénudés, de sa grandeur, de sa splendeur. L'air marin t'est devenu agréable, les reflets de la mer au coucher du soleil te sont si beaux, les coquillages qu'elle rejette te sont si jolis, sa brise si requinquante, ses vagues si calmantes. Le sable de la plage ne te fait plus horreur comme autrefois, tu le vois désormais comme faisant partie de ses nombreux charmes.
Ce n'est qu'en devenant adulte que tu t'es rendue compte à quel point la mer est une des meilleures thérapies que l'être humain puisse bénéficier. Ce n'est qu'en te promenant sur la plage que tu t'es rendue compte à quel point la mer est lieu idéal pour se ressourcer, se recentrer et y puiser apaisement et force. Ce n'est qu'en te baignant à nouveau dans la mer que tu t'es rendue compte de la beauté et de la puissance de la nature.
Les vagues peuvent procurer amusement et loisirs aux Hommes, mais elles peuvent également se montrer impitoyables envers eux, les emporter au loin et les emmener aux portes de la mort, une mort bercée par le rythme des féroces courants marins et des respirations perdues. L'humanité pense avoir dompté la nature et compris ses complexes engrenages, elle proclame avoir conquis les mers, les océans, les terres, le ciel et l'espace. Mais tu penses -- tu sais -- à quel point nous sommes insignifiants face à ce qui nous entoure. Bien que les Hommes puissent voler dans le ciel, soient capables d'explorer les fonds marins et d'envoyer des objets en orbite, le monde nous dépasse et tu sens que l'humanité, quelle que soit son avancée, ne pourra jamais outrepasser sa condition. L'humanité n'est rien face à la grandeur de l'univers, nous ne sommes rien face à la puissance intrinsèque de la nature, et tu n'es rien d'autre qu'un organisme parmi des milliards nageant dans une mer bien trop vaste pour que tu puisses avoir l'idée d'en voir le bout. Ces vagues que tu trouves si jolies et vivifiantes, te font sourire sur le moment, mais tu es également consciente de leur côté destructeur capable de t'engloutir, car la force humaine est si impuissante face à la fureur de la nature.
La nature est bien faite, elle est le parfait équilibre entre magnificence et cruauté, tantôt porteuse de vie, tantôt messagère de la mort. C'est elle qui nous a vus naître, et c'est elle qui nous verra mourir. La domination que le monde porte sur l'Homme est si intrinsèque et perpétuelle que ça doit être tout simplement l'ordre des choses. Curieuse, tu te demandes si dans une futur lointain, les Hommes seront en mesure -- ou même s'ils sont en droit -- de dépasser leur condition pour bouleverser cet ordre naturel, et de renverser la hiérarchie de force entre la nature et l'humanité.
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Mais tu t'égares.
Tu es assise sur une serviette de plage, ton maillot encore mouillé, une serviette sur tes épaules. On est déjà dimanche. Il est 17h, le soleil se couche et les gens se font de plus en plus nombreux sur la plage. Dans le pays dans lequel tu vis, les gens n'aiment pas bronzer ou se baigner au soleil, alors ils attendent que le soleil se couche pour profiter de la mer. Ton frère et ta soeur jouent dans le sable, tes parents se tiennent debout et observent les gens qui passent. Toi, tu ne fais que contempler la mer, le ciel qui se teint de rose et d'orange, et respire l'air marin qui te donne un peu froid.
Puis tu te lèves, tu vas ramasser des coquillages. Ceux de ce pays sont si beaux, les coquillages de France ne sont pas d'une si jolie couleur d'après ce que t'a dit ta mère, toi tu n'en as aucun souvenir. Après ta petite collecte, tu reviens auprès de ta famille et vous rangez vos affaires. C'est déjà votre dernier jour à la plage, le lendemain vous rentrerez chez vous, où l'école et le travail vous attendent. Ca t'a fait du bien de t'éloigner de la pression scolaire le temps d'un week-end, mais comme on dit, toute bonnes choses ont une fin. Vous rentrez donc à l'hôtel.
Après une bonne douche, vous sortez dîner. Crustacés et fondue de fruits de mer au menu, le tout dans un restaurant en plein air, avec le vent du soir pour vous souhaiter un bon repas. Le dîner était délicieux, tu adores les crevettes et les coquillages, et tu as pu mangé du crabe pour la première fois. Un bon repas pour une bonne soirée. Après avoir payé l'addition, vous décidez d'acheter des petits casse-croûtes à la supérette du coin ouverte 24/24 puis vous posez près de la plage. Vous choisissez un endroit en hauteur, en bas il y a le sable, derrière il y a un parc, et devant il y a la mer. Elle est noircie par l'obscurité du soir, mais elle est tout aussi jolie que durant la journée. Vous vous installez et mangez ce que vous avez acheté tout en contemplant la mer. Il fait bon, c'est calme et la vue est très belle.
Tu inhales une dernière fois cet air marin que tu aimes tant, car le lendemain marquera le retour à la solitude et au travail.
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Tu
SachbücherDans les moments où les émotions nous dépassent, on a parfois besoin de faire de l'ordre dans ses sentiments en bazar. Et lorsque l'on n'a personne à qui se confier, autant être nous-même le confident de notre propre personne. Ceci est un mémoire de...
