Noël est passé depuis des semaines, mais rien n'a bougé : les bougies du salon sont toujours allumées et l'odeur du sapin, encore bien présente. Certaines décorations s'entassent encore dans ma chambre, parfumant également cette pièce.
— Bonjour, madame ! s'exclame Alistair, depuis le salon. Vous allez bien ?
Je m'emmitoufle encore plus dans mes couvertures pour me cacher. Il ne devrait pas être là, si tôt dans la matinée. Même si j'ignore l'heure qu'il est. A cette période de l'année, j'ai toujours tendance à oublier que le temps s'écoule.
— Ça allait jusqu'à ce que tu m'appelles madame. Maya n'est pas encore réveillée, tu devrais revenir plus tard.
Je me mets à prier pour que ça le convainc de rentrer chez lui. Ça fonctionnerait s'il était du genre à abandonner.
— Elle n'est pas au courant que je suis là, avoue-t-il sur le ton de la confidence. Je voulais lui faire une surprise. Est-ce que vous m'autorisez à la réveiller ? Je ne veux rien faire sans votre accord.
— Fais ce que tu veux, Al' ! Tu es chez toi, ici. De toute façon, j'allais partir travailler, ça vous laissera un peu d'intimité. Mais ne faites pas de bêtises, s'il vous plaît.
Alistair la remercie et la porte de l'appartement claque, signe que je suis seule avec lui. Ce n'est pas la première fois que ça arrive, mais ça me fait toujours le même effet.
Ses pas se rapprochent de ma chambre. Je déteste la façon dont mon cœur tambourine dans ma poitrine. Je n'aime pas qu'il soit si proche et en même temps si loin. Tout comme je hais le silence qui règne. Son visage rayonnant apparaît enfin et son sourire me percute si fort que j'aurais préféré dormir pour ne pas avoir à subir ça.
— Bonjour la marmotte ! chantonne-t-il en entrant. Tu as bien dormi ?
— Ça allait. Jusqu'à ce que tu débarques sans prévenir.
Il saute sur mon lit, se retrouvant à moitié étalé sur moi. Je le repousse, ce qui le fait éclater de rire, alors que je manque de tomber du matelas. Son bras s'enroule autour de ma taille et me retient de chuter, son nez frôlant le mien.
— Prête pour cette super journée ? Tu as de la chance, il fait super beau.
— Il fait meilleur ici.
— Ne fais pas ta rabat-joie, Maya. Tu m'accompagnes en ville, c'est non négociable.
Je lève les yeux au ciel en m'efforçant de lui montrer mon mécontentement, mais sa bonne humeur me fait trop plaisir. Le voir se démener pour raviver mon amour pour cette raison me réchauffe le cœur.
— Tu ne veux pas qu'on regarde des films de Noël plutôt ?
— Nope. On va sortir et tu vas voir qu'à la fin de cette journée, tu ne regretteras pas d'avoir accepté. J'ai prévu plein de petites choses pour toi, en plus, tu ne peux pas refuser. J'ai passé des heures à concevoir ce programme.
— J'ai vraiment pas le choix, hein ?
— Exact ! Allez, bouge tes fesses, on n'a pas toute la journée.
Il me lâche et un petit cri de surprise, mêlé à de la douleur, s'échappe de mes lèvres quand mes fesses atterrissent sur le parquet. Je me relève au son de son rire, sans pouvoir m'empêcher de sourire.
— Joli pyjama, au fait.
Je m'enferme à double tour dans la salle de bain, l'ayant entendu me suivre. Il reste un instant derrière la porte, à se moquer de mes vêtements avant de me rassurer : il portait les mêmes quand il vivait encore ses parents.
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Memento Vitae
JugendliteraturLorsque Maya entre à l'université, l'éducation de son père sous le bras, tout ne peut que bien se passer. Si c'est une façon pour elle d'échapper à l'homme qui l'a élevé, elle ne se débarrasse pas pour autant de tout ce qu'il lui a inculqué : discip...
