Chapitre 20

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J'aimerais oublier cette journée.

Elle ressemble à un nuage noir persistant, prêt à s'abattre sur moi. Je regrette de m'être confiée à mes amis. Ils continuent de me regarder comme s'ils devaient à tout prix me protéger. Pourtant, ce ne sont pas eux que je redoute le plus.

Je pousse la porte de l'appartement en poussant un énième soupir. Mais ça ne chasse pas les mauvaises ondes. Et je suis toujours la même.

Je pensais avoir survécu au pire, mais le visage de ma mère est illuminé par un sourire inhabituel pour un soir de semaine. Je m'attends à découvrir son armée d'amies célibataires, mais je ne trouve qu'Elian, installé dans le canapé.

Celui que je tente d'éviter se tient devant moi et j'ai peur de ce qu'il peut dire devant ma mère. Si elle apprend que je ne lui ai pas adressé la parole, elle me tuera. Mais il me prend dans ses bras sans me faire de réflexion. Mon estomac se desserre alors.

— Alors ? Surprise ? demande-t-il pendant que je dépose mes affaires sur l'un des fauteuils du salon.

J'opine du chef si fort que les os de mon cou craquent. Il grimace au bruit. Sa bouche s'ouvre, mais la présence de ma mère l'empêche de poser les questions qui doivent le tracasser. Celles que je redoute le plus.

— Prenez votre temps, déclare-t-elle. Je dois passer au café pour nettoyer et je ferai un crochet par le supermarché avant de rentrer. Pas besoin de préparer le dîner, je m'en occupe.

— On va se débrouiller, t'inquiète pas.

— Oui, nous avons des tas de choses à rattraper.

J'aurais dû m'en douter. Il n'est pas là pour rien. Et quand ma mère partira, il aura tout le temps pour m'interroger et me tirer les vers du nez. Je ne suis pas encore prête à tout lui dire.

Tu n'as pas le choix. Ce n'est pas juste de lui cacher la vérité alors que tu as tout dit aux autres.

Je regarde ma mère enfiler son manteau, récupérer son sac à main et quitter l'appartement. Une part de moi imagine que nous passerons un bon moment, comme avant.

Tu es sûre de ça ?

Je hais cette voix dans ma tête. Elle persiste à me mettre mal à l'aise devant Elian. Je n'ai pas à avoir peur de lui, c'est bête. En grandissant avec lui, j'ai compris qu'il ne serait jamais mon ennemi.

Et pourtant, tu es terrifiée.

— Alors, tes cours ? Il me semble que tu as commencé ton deuxième semestre. Comment ça se passe ? demande-t-il avec un intérêt non dissimulé.

Mal. C'est affreux. Je suis foutue. Pourquoi a-t-il fallu qu'il commence par ça ?

— C'est passionnant, j'adore.

Il plisse les paupières, suspicieux. J'ai toujours été une piètre menteuse et ça ne s'est pas amélioré avec le temps.

Je me sens mise à nue. Il me connaît sur le bout des doigts. Aujourd'hui plus qu'avant, ça ne me plaît pas.

— Et toi, ça se passe bien ?

— Nope, c'est un enfer ! Je me fais chier, dit-il en haussant les épaules. J'ai demandé à ta mère si je pouvais rester quelques jours pour alléger mes journées. Si ça ne te gêne pas, bien sûr.

— Non, je suis vraiment contente que tu sois là.

Je commets l'erreur fatale à ce moment précis. Le regard qu'il me lance est si communicatif qu'il peut se passer de mots. Mais comme s'il voulait s'assurer que je comprenne, il demande :

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⏰ Dernière mise à jour : Jan 31 ⏰

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