Chapitre 11

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Le poids qui reposait sur mes épaules vient de s'évaporer.

Je quitte l'amphithéâtre, celui dans lequel j'ai étouffé pendant près de deux heures et que j'aurais aimé fuir plus tôt. Je m'écroule sur un banc, étourdie d'avoir passé trop de temps à réfléchir. Je suis vidée de toute énergie et ça ne m'avait jamais fait autant de bien.

J'extirpe mon portable de mon sac et l'allume, désireuse de consulter mes messages et d'oublier l'examen. Une fois déverrouillé, la seule notification qui traîne sur l'écran appartient à Alistair.

Tu aurais dû t'y attendre. Il ne te laissera jamais tranquille.

De Alistair [à 12h55]

Tu es dans quel amphi ? Je viens te chercher.

De Maya [à 14h36]

A3. Dépêche-toi, j'ai hâte de me tirer d'ici.

De Alistair [à 14h37]

Je fais au plus vite, promis.

Lili est sortie quelques minutes avant moi, alors je suis surprise de la voir avancer vers moi, deux gobelets fumants entre les mains.

— Je ne pensais pas que tu sortirais si tôt, déclare-t-elle en me tendant l'un d'eux. Chocolat chaud, comme tu l'aimes.

— Merci.

Elle m'adresse un immense sourire qui termine de me convaincre de sa gentillesse. Même après quatre mois à la côtoyer, je suis toujours aussi surprise par ce trait de caractère.

— Les garçons sont dans le bâtiment d'à côté, ils attendent le début de leur partiel. On pourrait les rejoindre. Martin est en train de mourir de stress et n'arrête pas de me harceler. Si tu veux bien sûr, je ne sais pas si tu as prévu de rentrer.

— En fait... Alistair ne devrait pas tarder à arriver.

Sa bouche forme un rond parfait pour marquer sa surprise. Comment lui dire que je ne m'y attendais pas non plus ? Elle ne me croirait pas.

— Alors ça y est ? Vous êtes devenus des super copains, c'est acté ?

— Je ne sais pas si nous sommes amis, mais en tout cas, il respecte bien son rôle de parrain. Je pense que c'est la seule chose qui le pousse à faire tout ça. A être aussi attentionné.

— Margot ne passe pas autant de temps avec moi et elle a les mêmes responsabilités qu'Alistair. Je crois qu'il apprécie vraiment ta compagnie. Et tu peux nier autant que tu le veux, mais je pense que c'est réciproque.

Elle marque une pause avant d'ajouter que je suis différente quand je suis avec lui. Et je n'ai pas le temps de lui assurer qu'elle se trompe.

Alistair approche et se penche en avant pour déposer un baiser sur mon front sans se soucier de ce que pourrait penser Lili. Il lui claque la bise et elle lui sourit, ravie, signe qu'elle est conquise. Plus moyen de me débarrasser de lui.

— Vous savez quoi ? On devrait rejoindre les garçons et boire un café tous ensemble ! lance-t-elle en ignorant mon regard noir. Leur partiel ne commence que dans une heure, ça nous laisse bien le temps de faire connaissance. Qu'est-ce que tu en penses ?

Elle se tourne vers mon parrain et je n'ai jamais prié aussi fort de toute ma vie. Je n'avais jamais prié tout court, en fait.

Pourvu qu'il trouve un prétexte pour se sortir de là.

La moue qui étire ses lèvres n'augure rien de bon.

— Je ne refuserai jamais un café ! affirme-t-il alors. Et vos amis auront besoin de distraction.

Memento VitaeOù les histoires vivent. Découvrez maintenant