Mon réveil sonne.
8h.
Mais je suis déjà réveillée. Je ne sais pas combien de temps ça fait, ni pourquoi je n'ai pas su me rendormir. Je laisse la musique me bercer avant qu'elle ne s'éteigne et me replonge dans le silence inconfortable. Je remonte la couette pour me protéger du froid mordant du matin, mais rien ne change. Je tremble toujours autant.
J'attrape mon téléphone, seul mouvement qui me paraît cohérent.
8h15.
Je ne vais pas y arriver.
Plusieurs notifications s'affichent devant mes yeux, mais je suis incapable de cliquer dessus. Mes amis me harcèlent, plus que prêts à affronter cette journée remplie de nouveautés.
Lili m'appelle. Trois fois. Sans succès. Puis vient le tour de Martin. Il fait sonner mon portable cinq fois avant d'abandonner. Le dernier message de Gabriel m'interpelle : "Réponds, nous sommes inquiets".
Alors, quand Alistair appelle, je décroche.
— Bonjour, jolie Maya, dit-il d'une voix douce. Bien dormi ?
— Question suivante, quémandé-je, la bouche pâteuse.
— Tu vas bien ?
Je grommelle, ce qui le fait marrer. Ce mec aime poser des questions qui ne m'arrangent pas.
— Non. Et non, réponds-je, au bord des larmes.
— Tu veux m'en parler ?
— Pourquoi tu m'appelles, Al' ?
Je sursaute au son de la vaisselle qui se casse à l'autre bout du fil. Des excuses presque inaudibles, puis des insultes envers les bouts de verre s'élèvent dans le silence.
— C'est ton premier jour, je voulais m'assurer que tu allais bien, explique-t-il enfin.
— C'est tout ?
— Lili m'a appelé parce que tu ne répondais pas. Elle va taper une crise quand elle va savoir que tu ne réponds qu'à moi.
— Je ne suis pas d'humeur à plaisanter.
— Ok, j'arrive alors.
Je me redresse d'un seul coup, effrayée à l'idée qu'il me voit dans un état si pitoyable. Je l'entends enfiler son manteau, récupérer ses clés et claquer la porte de chez lui.
— Je savais que j'aurais dû squatter ton canap'. Je sais que tu n'aurais pas accepté, mais au moins, j'aurais été avec toi.
— Tu n'as pas besoin de venir. Je n'ai pas besoin qu'on vienne me consoler ou je sais pas quoi.
— Chérie... J'ai déjà prévenu tes potes. On arrive quasiment tous en même temps alors prépare-toi. Et préviens ta mère que tu accueilles du monde.
— Elle a découché, je suis seule.
— Comment ça, t'es toute seule ? Comment peux-tu être seule ? Tu aurais dû nous appeler. Après la dernière fois, je pensais que tu avais compris !
— Je ne suis pas un enfant qu'il faut babysitter quand ma mère n'est pas là, Alistair.
Mon portable vibre dans ma main, m'annonçant un appel entrant. Je suis obligée de couper la conversation avec Alistair pour pouvoir répondre.
— Est-ce que tu te rends compte de la frayeur que tu m'as fait ? m'interroge-t-elle d'emblée. Je suis chez toi dans vingt minutes. Martin et Gabriel ne devraient pas tarder, eux aussi. Bouge tes fesses et lève-toi, ça ne va pas t'aider de rester allongée comme ça. Et prends un café pour te réveiller.
VOUS LISEZ
Memento Vitae
Novela JuvenilLorsque Maya entre à l'université, l'éducation de son père sous le bras, tout ne peut que bien se passer. Si c'est une façon pour elle d'échapper à l'homme qui l'a élevé, elle ne se débarrasse pas pour autant de tout ce qu'il lui a inculqué : discip...
