12. Murmure dans la clairière

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Meredith,

La clairière, illuminée par le clair de lune, m'offre l'écrin de protection et d'apaisement dont j'ai besoin. Les branches des chênes vacillent au grès de la brise nocturne, créant une bulle réconfortante.

Un lien indéfectible nous lie, résistant à toutes les tempêtes. Je ressens cette nécessité à me confier à lui. Je pourrais très bien le faire avec Aïden, mais connaissant son aversion pour Archibald, ses conseils ne seraient pas impartiaux.

Esteban reste silencieux quelques instants, son regard est perdu sur l'immensité sombre de l'endroit, notre refuge d'autrefois. J'écoute son souffle s'extirper de ses poumons. Il ne me regarde pas. Il observe les feuilles des branches nous présenter ce doux bruissement, le hululement de la chouette l'accompagne.

Qu'est-ce qu'il pourrait te cacher ? Une quelconque addiction ? Des antécédents psy' ? Meredith, s'il te plait, ne te monte pas trop la tête et ne tire surtout pas de conclusions hâtives, me conseille-t-il, déposant sa main sur mon épaule, son regard venant s'immiscer dans le mien.

Je n'en ai pas la moindre idée, mais ça expliquerait son comportement. Enfin, je suppose, rétorqué-je hésitante, incapable de trier toutes les suppositions qui traversent mon esprit.

Fais lui confiance... Il doit bien avoir ses raisons de te garder à l'écart de cette partie de sa vie. Il s'est montré suffisamment protecteur à ton sujet pour me laisser imaginer à quel point il tient à toi. Il t'aime, conclut-il, l'air de vouloir se convaincre lui-même de ses propres paroles.

Mais j'ai cette envie irrépressible d'ouvrir son dossier médical... avoué-je en déglutissant avec difficulté. C'est plus fort que moi, j'ai besoin de savoir. Je vais m'en rendre malade et ça n'ira pas mieux jusqu'à ce que j'obtienne réponse à mon interrogation.

Tu te souviens du dossier de ma mère, tu sais celui que j'avais emprunté... me questionne Esteban en détournant les yeux pour regarder devant lui.

C'était plus qu'un emprunt, tu ne penses pas ? réponds-je par une autre question tandis que je pose ma tête contre son épaule.

Tu souviens alors. Je me souviens encore de la photo de ce type. Son crâne ne ressemblait plus qu'à une masse difforme de chair, dégoulinante de sang, me balance-t-il sans ciller.

Je le sens néanmoins se raidir sous ces mots. Je nous revois consulter le dossier qu'Esteban avait trouvé sur la table basse de chez lui. Angela l'avait oublié et était partie prendre son poste au commissariat. Ce n'était qu'un enfant curieux et il s'était empressé de la chaparder pour le parcourir tel un détective, sauf qu'il avait débarqué chez moi. Nous nous étions installés dans la cabane dans l'arbre au fond du jardin que mon père m'avait fabriquée. C'était notre forteresse, interdite aux adultes, notre repère pour faire nos bêtises.

Où veux-tu en venir, Este' ? l'interrogé-je perplexe.

J'ai regretté de m'être pris pour l'agent Duro Gimenez, tu te souviens ? Ne fais pas la même erreur.

Il est pas question de meurtre, objecté-je pour ma défense.

Quoi qu'il en dise, je ne pourrais pas résister à la lecture des informations que contient ce pli. Je soupire longuement, parce qu'il a raison, que je ne dois pas le faire et que c'est une mauvaise idée.

J'en ai pas dormi pendant des semaines et toi non plus, depuis tu vois un psychiatre... me cingle-t-il, me piquant parfaitement là où ça fait mal.

Thècle [DARK ROMANCE]Des histoires addictives. Découvrez maintenant