Je dédie ce chapitre à Sarah, une mignonne inconnue dont je ne connais que sa voix. Une connexion littéraire s'est créer entre nous. Elle m'a redonnée envie d'écrire... Merci.
Meredith,
Les hôpitaux, je n'ai jamais pu les encadrer. L'odeur âcre qui flotte dans leurs couloirs me donne la nausée, et la simple vue d'une blouse blanche me crispe. Mais aujourd'hui, j'en suis devenue dépendante. Mon corps réclame sa dose d'antidouleurs, tandis que mon foie s'éteint inexorablement.
Ma descente aux enfers a débuté insidieusement, une errance de psy en psy, à la recherche d'une oreille attentive, d'un regard qui comprenne. En vain. Un sentiment de solitude m'envahis, me noyant dans un océan de désespoir.
Et puis, un jour, j'ai rencontré le docteur Mackalister. Un nom qui résonne dans le monde de la psychiatrie, une lueur d'espoir dans ma nuit obscure. Enfin, j'allais être comprise. Ou du moins, c'est ce que je croyais...
— Ma petite chérie ! Tu m'écoute ? Me lança « Mamie » penchant la tête et se rapprochant au plus près de mon visage. Mes pensées m'avaient emporté.
— Oui, bien sûr Sarah. Excuses-moi, lui répond-je prenant mon courage à deux mains pour lui offrir un sourire qui se veut vrai.
— Dis-moi, est-ce que tout vas bien ? Esteban est-il venu te voir l'autre soir ? Non, parce que je lui ai dit. Je l'ai appelé. Il m'a presque raccroché au nez et depuis plus rien. Aucune nouvelle de sa part.
— Qui ne s'est pas précipité à mon chevet... Je ne veux pas que vous me voyez dans mes pires états. Vraiment, tenté-je d'esquiver le sujet « Esteban ».
Je suppose que mes yeux me trahissent puisque Mamie me dévisage. Elle comprend que je ne veux pas en parler. Je reste évasive, mais elle me connait par cœur. Durant mon adolescence, je passais le plus clair de mon temps chez elle. Je m'y sentais si bien. Je lui avais fait promettre de ne jamais en parler à Esteban. C'était notre secret. Au fond, je me sentais coupable de le lui cacher, mais il était partis. Il ne m'avait donné des nouvelles qu'au début. Ensuite, il est passé à autre chose. La distance n'était pas faite pour lui.
— Tiens mélange la pâte s'il te plait. Elle doit être homogène pour faire de merveilleuses petites boules. J'ajouterai les pépites de chocolat après, m'ordonne-t-elle de faire en me donnant le saladier où elle a disposé les ingrédients.
— Oui chef ! m'exclamé-je en pétrissant la préparation avec les mains.
Je prends mon temps et ça n'a pas l'air de lui plaire. Elle fronce les sourcils puis pose sa main sur mon épaule.
— Du nerf, je ne veux pas déguster les cookies ce soir, crache-t-elle son humour bien à elle.
Je comprends parfaitement. Je sais que ses envies de sucre sont souvent un symptôme d'un problème bien plus profond. Esteban a hérité de ce trait de personnalité, c'est un véritable glouton lorsqu'il est anxieux. « On travaille mieux avec un estomac remplis », c'est la phrase de Sarah pour de se défendre, mais elle est à la retraite depuis belle lurette.
J'ai pris l'habitude de la nommer Mamie plutôt que par son prénom. C'est venu comme ça d'un seul coup. Alors que j'avais déjà perdu mes grands-parents, elle prit ce rôle. Cette petite oreille à l'écoute, ses mains qui vous soignent les petits bobos. Cette générosité qui vous remplis l'estomac même quand vous n'avez pas faim. Une grand-mère qui n'est pas la vôtre mais qui vous chéri tout comme.
La pâte est prête et je forme des boules que Sarah écrase en rond puis elle ajoute les pépites de chocolat noir. Aussitôt, elle attrape la plaque qu'elle enfourne dans le four. Elle pose la théière sur le gaz, puis allume le feu.
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Thècle [DARK ROMANCE]
RomanceHanté par le meurtre violent de sa mère par les sbires de l'Ordre, Esteban foule à nouveau le sol de Quercus, sa ville natale. Guidé par le souvenir du regard émeraude de Meredith, la seule qui a su faire battre son cœur hors ses limites, il se lanc...
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