Chapitre XX [FIN]

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Ofélia Pereira


Je suis à l'hôpital depuis quelques heures maintenant. Ambre est toujours en salle d'opération. Je tourne en rond, attendant son retour. Les médecins ont réussi à faire battre son cœur de nouveau ; d'après eux, c'est un miracle. Elle a été transférée d'urgence dans cet hôpital. Les médias ne parlent que de ce qui a pu se passer dans cet entrepôt.

- Madame, votre téléphone ne fait que sonner, m'informa une infirmière, me sortant de ma transe.

- Je... Euh, oui, pardon.

Je sortis mon portable et vis des dizaines d'appels manqués et des centaines de messages de Sofia et Ugo. Je décidai de rappeler Sofia.

- BORDEL, TU ME RÉPONDS ENFIN ! Pourquoi tu ne m'as pas appelée ?

- Excuse-moi, je suis à l'hôpital, avec Ambre. Elle est en opération depuis au moins trois heures maintenant. Je n'entendais pas mon téléphone sonner, excuse-moi.

- Je suis en route, on est passés récupérer quelques affaires pour quand elle se réveillera. Comment tu te sens ?

- Probablement comme vous deux. Faites attention sur la route.

Je raccrochai en voyant arriver un homme qui semblait sortir d'une opération, au vu de sa tenue.

- Madame Pereira ? C'est bien vous ?

- Bonjour, oui. Comment va-t-elle ?

- Vous êtes de la famille ?

- Oui, je suis sa compagne.

- Très bien. L'opération est un succès. Nous avons réussi à extraire les balles et à refermer toutes les plaies. Elle aura probablement des difficultés dans les mois à venir à faire de simples tâches. Elle a perdu beaucoup de poids, bien qu'elle n'était déjà pas très lourde. Elle risque de ne pas se rappeler de tout ce qui s'est passé durant ces trois jours. Je compte donc sur vous pour qu'elle se repose un maximum pendant au moins les deux prochains mois. Elle est dans une chambre ; un infirmier passera toutes les trois heures vérifier que son état est stable. Elle doit rester au maximum une semaine, si aucune complication ne se produit.

Il m'indiqua sa chambre. Je ne me fis pas attendre et courus presque jusqu'à la chambre qu'il m'avait indiquée. J'entrai et la vis, plongée dans un sommeil profond, des sondes reliées à son bras, le bip régulier des machines. Son visage apaisé et non inondé de sang. Ses grandes cernes montraient que les trois derniers jours n'avaient pas été de tout repos. Je déposai doucement un baiser sur son front et pris sa main dans les miennes avant de m'asseoir sur la chaise présente à ses côtés. Malgré les derniers événements, elle était sublime. Comment est-ce possible d'avoir une beauté pareille ?

Je caressai le dos de sa main avec mon pouce. Je sortis mon portable en l'entendant vibrer depuis quelques minutes.


On est là dans 5 minutes, des nouvelles ?

Je te jure que si tu ne me réponds pas dans les prochaines minutes, Pereira,tu vas toi-même te retrouver dans un lit d'hôpital


Son dernier message me provoqua un petit sourire. Je lui envoyai le numéro de la chambre pour toute réponse, ce qui me fit rire, rien qu'en imaginant sa tête. Je commençai à ranger mon téléphone.


- Qui te fait rire comme ça, mon ange ?

Je me levai rapidement et m'approchai vite du lit dans lequel elle reposait. Je posai une de mes mains sur sa joue, l'autre maintenant toujours sa main.

- Ambre, Trésor, comment tu te sens ?


- Endormie. Tu es ici depuis combien de temps ?


- Huit heures seulement. Je suis arrivée en même temps que toi, Trésor. Tu n'as pas idée à quel point je suis heureuse de t'entendre...


- Eh, ne pleure pas, je suis là maintenant.


Elle essaya de se redresser, mais je l'en empêchai.


- Le médecin a dit repos, Trésor.


- Alors viens m'embrasser si tu veux que je reste dans ce lit.


Je souris avant de poser doucement mes lèvres contre les siennes. Je dois le reconnaître, ça m'a manqué. Elle attrapa mon visage en coupe avant d'approfondir le baiser.


- Je t'aime, murmura-t-elle.


- Moi aussi, mais ne me refais plus jamais de frayeur pareille, Trésor, mon cœur ne le supporterait pas.


Elle sourit avant de reprendre possession de mes lèvres. Sans que je ne m'y attende, elle m'amena contre elle. Je m'amortis comme je pus, essayant de ne pas la blesser plus qu'elle ne l'était déjà. Elle rigola, ce qui provoqua mon sourire.


- Je dois appeler un infirmier, Trésor.*


- Pas besoin, je suis là ! déclara Sofia.


- Et c'est à mon tour de la prendre dans mes bras ! cria Ugo.


Je déposai un baiser sur ses lèvres avant de m'écarter, laissant Sofia et Ugo attaquer leur sœur de câlins.


- OFÉ, AIDE-MOI ! cria Ambre dramatiquement.


- Non, c'est pas du jeu, elle est entraînée ! Râla Sofia comme un enfant.


- T'inquiète pas, je gère, moi ! Elle ne pourra pas nous approcher !


- Sûr de ça ?


Il se tendit sur place, Ambre éclata de rire, suivie de tout le monde.
Je passai le reste de la semaine dans cette chambre avec Ambre, ne voulant en aucun cas la laisser seule.


Quatre ans plus tard



- Trésor, j'ai une surprise pour toi ! cria Ofélia dans l'appartement.


- Laisse moi dormir, ça peut attendre !


- Il est déjà neuf heures ! Si tu ne sors pas, j'appelle ton frère et ta nièce !


Je ne répondis rien, essayant de me replonger dans mon sommeil. Mais très vite, je sentis quelqu'un s'allonger sur moi et venir m'embrasser le cou. Je souris, je me suis habituée à ce genre de réveil, qui, je dois l'avouer, est l'un de mes préférés.
Je me retournai, face à elle, avant de l'embrasser.


- J'ai quelque chose pour toi, Trésor.


- Mmh, moi je t'ai toi, c'est suffisant.


Elle m'embrassa de nouveau. J'approfondis ce baiser et la tirai vers moi.


- Trésor, viens manger, tu veux ?


- Pourquoi tu veux tant me sortir de ce lit ?


- J'ai une surprise.


- T'es pas croyable...


Elle me tira avec elle jusqu'au salon, un sourire plaqué sur son visage. Elle m'installa sur le canapé. Je remarquai la table remplie de nourriture.


- Ferme tes yeux, Trésor. sourit-elle.


- À vos ordres, Pereira. ricanai-je.


Je l'entendis s'éloigner de moi, puis revenir quelques minutes plus tard. Elle m'embrassa, et je souris.


- Regarde-moi, Trésor.


J'ouvris les yeux et vis son sourire éclatant, avant que mon regard ne soit attiré par un magnifique bouquet de lys blancs. Mes yeux s'illuminèrent. Ni une ni deux, je me jetai dans ses bras, attaquant son cou de baisers.


- Merci, mon ange.


Je pris le bouquet, mais remarquai très vite une petite boîte au milieu, camouflée par les lys. Je la récupérai et l'ouvris. Ma bouche s'ouvrit soudainement.


- Mon ange, elle est magnifique, je...


Elle plaqua ses lèvres sur les miennes avec puissance, ne me laissant pas finir. Je laissai ma main libre se frayer un chemin jusqu'à ses cheveux. Elle se décrocha de mes lèvres et récupéra la boîte présente dans mon autre main.


- Je ne veux pas que tu me coupes, sinon je ne réussirai pas à finir ce que j'ai à te dire, Trésor.


Je la regardai à l'écoute, et elle sourit.


- Cela fait maintenant quatre ans qu'on ne se quitte plus une seule seconde, Trésor. Et je n'ai aucune envie que cela change. C'est pour ça que je me tiens ici devant toi, avec cette bague. J'aimerais que tu portes également mon nom, Trésor. J'aimerais porter le tien définitivement.


Une larme coula le long de ma joue, puis une autre. Ses yeux embués, son sourire radieux, qui provoque le mien. Elle est mon bonheur.


- Je t'aime. Mon ange, c'est oui. Bien sûr que oui, je veux assembler nos deux noms.


Nous rigolâmes et je me redressai pour l'embrasser, mais elle m'en empêcha.


- Je veux d'abord te voir avec cette bague, Trésor. Tu auras le temps de m'embrasser après.

Je lui offris ma main, qu'elle saisit avant de mettre délicatement la bague. Elle me montra le résultat, fière d'elle, avant de venir m'embrasser. Ses lèvres touchèrent les miennes avec tendresse, et un frisson d'excitation parcourut tout mon corps. Je ne pouvais pas croire à quel point j'étais chanceuse d'avoir une personne comme elle dans ma vie.

- Regarde comme elle te va bien, murmura-t-elle, son regard pétillant de bonheur.

Je levai la main pour admirer la bague scintillante, un symbole de notre amour et de notre engagement. Les larmes me montèrent aux yeux, mais cette fois-ci, c'était des larmes de joie.

C'est magnifique, tout comme toi, dis-je pendant qu'elle essuie une larme de ma joue.

Elle sourit et me prit dans ses bras, serrant fort comme pour s'assurer que ce moment était bien réel. Nous restâmes enlacées un long moment, savourant la douceur de l'instant. Le monde extérieur semblait s'estomper autour de nous. Toutes les horreurs que nous avions affrontées ne comptaient plus. Ce qui importait, c'était cet amour indescriptible qui nous unissait.

FIN

Miss GiobertiOù les histoires vivent. Découvrez maintenant