Chapitre XII

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Ambre Gioberti

La porte d'entrée s'ouvrit sur Ugo et Sofia. Ils déposèrent leurs sacs sur l'îlot et me lancèrent un regard que je ne parvins pas à identifier. Je leur offris un regard interrogateur.

- Alors, on dort comme un petit bébé ? me charria Ugo.

Je ne répondis rien. Ofélia entra dans la pièce et lança un regard à Ugo.

- Disons qu'un bon oreiller fait la différence.

Sofia ricana, suivie d'Ugo. Je souris et les aidai à ranger quelques courses. Sofia m'empêcha de prendre des choses trop "lourdes". Quant à Ofélia, elle reçut un appel du bureau.

- Oui ?... Je lui montrerai... Envoie-les-moi... Dans ce cas, on attendra qu'elle aille mieux... D'accord.

- Tu dois aller au bureau ? demandai-je une fois qu'elle eut raccroché avec son interlocuteur.

- Non, nous devons y aller. Mais étant donné ton état, nous irons probablement un autre jour.

- Je vais bien, grognai-je. J'en ai marre de me répéter. Je marche déjà plus facilement.

- Oui, comme ton réveil de tout à l'heure. Tout va bien, me fit remarquer Ofélia.

- Écoute, dis-moi ce qu'on doit faire et je jugerai moi-même si j'en suis capable.

- Il y aura des journalistes, c'est hors de question.

- De toute façon, il est un peu tard pour aller quelque part. Surtout si ce n'est pas si important que ça, intervint Ugo.

Je jetai un œil à l'horloge, qui affichait dix-neuf heures. Je n'avais même pas vu la journée passer.

- Allez-vous installer dans le salon, on va faire à manger, Ugo et moi, déclara Sofia.

- Je peux le faire, je ne suis pas manchote, grognai-je.

- Ouais, mais tu dois te reposer, demoiselle, remarqua Sofia.

- Comme l'a si bien dit Ugo, j'ai dormi comme un bébé, argumentai-je.

- Et ton réveil n'a pas été doux, comme l'a si bien dit Pereira, dit Ugo.

J'ouvris la bouche pour rétorquer, mais Ofélia attrapa mon poignet.

- Arrête de discuter.

Je me libérai et lançai un regard noir aux personnes partageant mon sang.

- J'ai deux jambes, je peux marcher.

- Peut-être, mais une seule peut pleinement être utilisée, rigola Ugo.

- C'est ton cerveau qui ne peut pas être pleinement utilisé, grognai-je de mauvaise humeur.

Je tournai les talons en entendant leurs rires à peine camouflés. Je m'assis sur le canapé sans un regard pour eux. Mes pensées divaguèrent très vite sur mes parents. J'en ai marre qu'ils envahissent mes pensées, mais je sais que ça ne durera pas. Quand je travaillerai, je ne penserai à rien d'autre qu'à ça. J'espère seulement que je ne vais pas passer ma nuit à me réveiller.

- Tu rêves ou quoi ? me demanda Sofia, me sortant de mes réflexions.

Je lui lançai un regard interrogateur et elle reprit :

- On te parle depuis un moment maintenant et tu ne réponds pas. Viens, essaie de manger, au moins un peu.

Je me levai et la suivis. Je m'installai en face d'Ugo, et Sofia s'installa à côté de mon jumeau. Nous mangeâmes en silence, abordant plusieurs sujets ; je ne participai pas, répondant vaguement quand on me posait des questions. Une fois mon assiette finie, Sofia me sourit, comme un signe d'encouragement, à chaque fois que je terminais une assiette. Je roulai des yeux et me levai.

Miss GiobertiOù les histoires vivent. Découvrez maintenant