Chapitre 30

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Coucou, je tiens à rappeler que c'est la première fois que j'écris sur Wattpad, si vous voyez des fautes d'orthographe corrigez moi en commentaire, s'il vous plait.

J'espère que vous allez bien.

N'oubliez pas de commenter.

Bonne lecture !

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Le mot s'échappe de mes lèvres, faible, presque noyé dans l'eau glaciale :

— Papa ?

Il est là, immobile devant moi, une silhouette figée dans le temps. Pourtant, son visage... Trop net. Chaque détail, chaque ligne de ses traits me frappe avec une précision douloureuse, comme si ma mémoire n'avait jamais permis au temps de l'effacer. Mais ce n'est pas que ma mémoire. Il est là.

En un instant, l'eau disparaît, remplacée par les murs humides du sous-sol de notre maison. L'air est saturé de l'odeur du ciment froid. J'ai trois ans à nouveau, et pourtant je sens que quelque chose ne va pas. Le décor est familier, mais les acteurs ont changé. Lui. Moi.

Je ne suis plus le même.

Son regard m'accroche, me transperce. Ses yeux, sombres et graves, sont remplis d'une douleur que je ne comprends pas. Une douleur qui semble vouloir me parler, mais qui reste silencieuse.

Pourquoi est-il là ?

Pourquoi suis-je ici ?

Sa bouche s'ouvre, brisant le silence. Sa voix résonne, aussi douce que dans mes souvenirs, mais marquée par une fatigue que je n'arrive pas à saisir.

— Marius... qu'est-ce que tu fais ici ?

Ces mots s'accrochent à moi, lourds, et s'enfoncent comme des racines dans ma poitrine.

— Je... je...

Les mots m'échappent. Je suis incapable de formuler quoi que ce soit, comme si l'air s'était soudain figé autour de moi.

Il bouge alors, lentement, tirant un fauteuil invisible de l'ombre. Le bruit sourd des pieds sur le sol me fait sursauter. Il s'assoit, posant ses mains sur ses genoux, l'attitude étrangement calme. Trop calme.

— Tu n'aurais pas dû venir, murmure-t-il.

Sa voix s'élève à peine, mais elle envahit tout, résonnant dans ma tête comme une vérité que je n'ai jamais voulu entendre.

— Papa, qu'est-ce que ça veut dire ? Pourquoi tu dis ça ?

Mon propre ton vacille, oscillant entre l'urgence et la peur.

Il incline légèrement la tête, et son visage s'assombrit davantage, comme si une ombre le recouvrait. Le silence s'étire. Un frisson parcourt mon dos. Je ne veux pas entendre sa réponse, mais je ne peux pas détourner le regard.

Son silence devient insupportable. Le poids de son regard m'écrase, m'ancre dans cet endroit qui n'a rien à voir avec le lac où je me trouvais il y a un instant.

Il se penche légèrement en avant, ses mains croisées sur ses genoux. Chaque geste est précis, calculé, et pourtant étrangement naturel.

— Tu ne devrais pas être ici, répète-t-il, plus fermement cette fois.

Son visage, si familier, commence à vaciller. Ses traits restent nets, mais quelque chose d'indéfinissable change. Comme si le temps lui-même se pliait autour de lui, cherchant à l'effacer.

Je secoue la tête, incapable de détourner les yeux.

— Je ne comprends pas... Pourquoi tu dis ça ? Tu... tu es...

Strix AlucoOù les histoires vivent. Découvrez maintenant