Chapitre 32

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Coucou, je tiens à rappeler que c'est la première fois que j'écris sur Wattpad, si vous voyez des fautes d'orthographe corrigez moi en commentaire, s'il vous plait.

J'espère que vous allez bien.

N'oubliez pas de commenter.

Bonne lecture !

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Tout semblait être revenu à la normale. Mais qu'est-ce que la normalité, au juste ? Ce mot sonnait creux, comme une promesse fragile, prête à se briser au moindre faux pas.

Avant ma sortie de l'hôpital, j'avais dû expliquer la situation à Otto. Il avait accepté qu'Isaak reste chez nous, au moins jusqu'à ce que je sois complètement rétabli. Il n'avait rien dit, mais j'avais senti son regard peser sur nous, une curiosité teintée d'inquiétude qu'il n'avait pas osé formuler.

Le trajet du retour avait été interminable. L'atmosphère dans la voiture était plus lourde encore qu'à l'aller, comme si chacun d'entre nous portait un fardeau invisible. Isaak, assis à côté de moi, regardait fixement par la fenêtre, le visage fermé. Il ne parlait pas, mais je voyais à la tension dans ses épaules qu'il s'efforçait de ne pas attirer l'attention sur lui.

Aliya, fidèle à elle-même, avait tenté de briser ce silence pesant. Elle lançait des blagues maladroites, commentait la musique à la radio, évoquait des anecdotes qui, en d'autres circonstances, auraient pu nous faire sourire. Mais rien n'y faisait. Ses efforts s'écrasaient contre cette barrière invisible qui nous séparait tous.

Moi, je fixais mes mains posées sur mes genoux, incapable de me concentrer sur autre chose. Chaque mètre parcouru me ramenait un peu plus à cette maison, à ces questions que je savais devoir affronter tôt ou tard.

La maison se dressait devant nous, sombre et familière, ses fenêtres illuminées projetant une lueur chaude dans la neige alentour. Pourtant, à cet instant, elle me semblait presque étrangère, comme si ce qui s'était passé avait tout altéré, jusque dans les fondations de ce lieu où j'avais grandi.

La voiture s'arrêta enfin. La mère d'Elline nous attendait sur le pas de la porte, emmitouflée dans un manteau épais. Dès qu'Elline sortit, elle se précipita vers sa mère pour l'embrasser et lui demander si tout allait bien. Leur échange était rapide, presque mécanique, mais je remarquai qu'Elline me lançait un regard furtif, une sorte d'appel à l'aide que je choisis d'ignorer.

Ma mère arriva aussitôt, traversant la neige à pas rapides. Son visage était tiré d'inquiétude, mais elle s'efforçait de sourire.

— Vous avez eu du mal à rentrer ? La route devait être horrible avec cette tempête. J'étais tellement inquiète pour vous ! Ça va, mon chéri ? Tu n'as pas trop froid ? 

Je hochai simplement la tête, murmurant des réponses brèves. Je n'osais imaginer sa réaction si elle avait su ce qui s'était réellement passé. Si elle avait su que je n'étais pas resté coincé par une tempête, mais à l'hôpital. 

Elline et sa mère s'éloignent rapidement, disparaissant dans la nuit. La voiture se vida, mais Isaak restait immobile, figé sur son siège. Il semblait hésiter, son regard glissant vers la maison comme s'il y voyait un obstacle insurmontable. 

— Ça va ? lui demandai-je doucement. 

Il hocha la tête sans un mot, mais son visage tendu trahissait son malaise. Après un instant, il finit par descendre, et je lui pris la main pour l'inciter à me suivre.

À l'intérieur, la chaleur nous enveloppa immédiatement, tout comme l'odeur réconfortante du dîner que ma mère avait préparé. Pourtant, l'ambiance restait pesante. Isaak se fit discret, suivant Otto à l'étage pour déposer ses affaires dans la chambre d'amis. Je restai seul dans l'entrée, mes pieds encore ancrés sur le tapis, tentant de reprendre mes repères. 

Strix AlucoOù les histoires vivent. Découvrez maintenant