Quotidienne 28

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Samedi 1 décembre 2023

6h32

PDV Tara

Je ne sais pas du tout depuis combien de temps je suis réveillée, mais je ne veux surtout pas le réveiller. Alors j'attends, parce que bouger pourrait le réveiller.

Je tournai la tête et le vis dormir comme un bébé, sa tête posée sur mon corps, et son bras faisant de même. Je restai là songeuse, en le regardant, me posant mille et une questions. Mais la question principale reste : Qu'est-ce qui a bien pu le mettre dans cet état hier soir ?

Mais telle une égoïste, ce qui m'a fait cogité toute la nuit reste ces trois putains de mots qu'il a alignés les uns à la suite des autres sans que je m'y attende. Juste avant de s'endormir.

"Je t'aime"

C'est peut-être stupide, mais pour moi, ça compte énormément. C'était bien la première fois qu'on me le disait. Je n'arrive pas encore à me dire que ça puisse être réellement sincère.

J'ai toujours vu cette phrase comme un joker. Un joker qu'on pouvait utilisé qu'une seule fois dans notre vie. Car on aime jamais réellement une personne. On voit toujours du mauvais chez chacun.

C'est comme ça que ma mère m'a élevé en tout cas. L'amour, ça rend faible.

Mon esprit vagabonde un peu ailleurs quand mes yeux se posent sur mon atèle, je contiens mes larmes de colère. Je suis en colère contre moi. Pourquoi il a fallut que je fasse la débile avec Axel dans les escaliers.

Je ne veux pas m'afficher en prime avec une atèle à la cheville.

Je sais ce que vous vous dites... Que c'est ridicule, et qu'il n'y a pas de quoi en faire tout un plat. Mais je ne supporte pas imaginer une seule seconde être le centre de l'attention.

Et encore une fois je sais ce que vous vous dites : Pourquoi elle fait cette émission si elle a si peur de l'image qu'elle renvoie ?

Et bien peut-être parce que la petite fille qui avait une si mauvaise image d'elle-même voulait enfin qu'on lui donne une chance, qu'on arrête de la voir comme un monstre. Cette petite fille qui ne demandait qu'à être aimé.

Et peut-être qu'au final, c'est dans le public qui me regarde que je cherche cet amour qu'on ne m'a jamais donné quand j'étais enfant.

Certes, quand mon père est partit, ma mère était là, et je n'ai jamais douté de son amour pour moi... Seulement... L'alcool l'a transformé, et j'ai eu l'impression de perdre ma mère. Ensuite, elle a rencontré Arnaud, et croyez-moi, ça n'a absolument pas arrangé les choses.

C'est le moins que l'on puisse dire...

Ma mère n'a pas réussi à soigner son alcoolisme et n'était pas en mesure de s'occuper de moi et d'elle-même. Et elle était encore moins en mesure de réaliser ce que Arnaud me faisait subir en son absence...

Mais je ne lui en veux pas. Elle est soignée maintenant et n'est plus avec lui, c'est tout ce qui compte. Mais c'est vrai que depuis le départ d'Arnaud et que tout a commencé à rentrer dans l'ordre, je n'ai jamais reparlé de ça avec ma mère. De l'enfance désastreuse que son alcoolisme m'a offert.

Je crois qu'elle a juste honte d'en parler, c'est une période très difficile pour elle. Alors elle fait comme si de rien était, c'est sa spécialité. Elle m'aime et me le montre maintenant, je le sais. J'aimerais juste pouvoir parler avec elle de tout ça, tout ce qui a gâché mon enfance et qui me hante encore aujourd'hui, qui m'a fait devenir la pire version de moi-même.

Là où tout a commencé...Des histoires addictives. Découvrez maintenant