𝟒𝟐.

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Aaron
























C'était censé être le jour le plus heureux de ma vie, celui où nous allions enfin rencontrer nos bébés. Mais rien ne se passe comme prévu.

Tout a commencé à se précipiter. Aliyah avait perdu les eaux, et je l'avais vue paniquer. J'avais essayé de garder mon calme, de lui dire que tout allait bien se passer, mais au fond, je n'en savais rien. J'étais complètement pris dans la tourmente, à la fois excité et terrifié.

Elle m'avait souri, mais je voyais bien dans ses yeux qu'elle avait peur. Elle n'était pas du genre à laisser ses émotions transparaître, mais là, je pouvais le voir. Elle avait peur, et moi aussi.

Nous étions arrivés à l'hôpital, les mains tremblantes. Les médecins avaient immédiatement pris le relais, nous entourant de leurs voix rassurantes, mais je ne pouvais m'empêcher de m'inquiéter. Aliyah était fatiguée, épuisée. Les contractions se faisaient plus douloureuses, mais elle restait silencieuse, mordant ses lèvres. Je n'arrivais pas à la rassurer, malgré mes paroles, malgré ma présence. Elle souffrait trop.

La douleur était devenue de plus en plus intense. Les médecins disaient que tout allait bien, mais moi, je sentais que quelque chose n'était pas normal.

— Je peux pas... Aaron.

Elle gémit de douleur, essayant de trouver ses mots.

— Si, tu peux, Aliyah. Je suis là. Regarde-moi.

Je prends doucement sa main, caressant ses doigts, mais rien ne semble l'apaiser.

Tout à coup, l'une des infirmières entre précipitamment dans la pièce, et je vois un petit signe de nervosité sur son visage. Elle la regarde, puis s'adresse au médecin. Les yeux du médecin se fixent sur l'infirmière, puis sur Aliyah. Il y a quelque chose d'inhabituel dans ses constantes.

Je me tourne vers elle, l'angoisse me submergeant.

— Qu'est-ce qu'il se passe ?

Mon cœur bat tellement fort.

Le médecin semble hésiter, puis me regarde dans les yeux.

— Nous pensons qu'Aliyah est en train de développer une forme bénigne de pré-éclampsie. Ce n'est pas grave, mais cela peut compliquer un peu l'accouchement. Nous allons la surveiller de près.

Mon cœur rate un battement. Je sens le sol se dérober sous mes pieds.

— Elle va s'en sortir, c'est juste qu'il faut qu'on la garde sous observation, d'accord ?

Ses mots me paraissent insuffisants. Aliyah, bien que toujours concentrée sur sa douleur, capte mon regard. Ses yeux sont emplis d'une terreur silencieuse. J'essaye de lui sourire, mais même moi, je ne suis plus sûr de ce qui va se passer.

Les contractions deviennent plus longues, plus fortes, et Aliyah gémit à chaque nouvelle vague. Elle transpire, son corps se durcit sous l'effort.

Les médecins lui administrent un traitement pour contrôler la pression sanguine. C'est une grosse peur, mais les symptômes sont maîtrisables, c'est ce qu'ils me disent.

Afin d'entamer la naissance.

Je reste à ses côtés, lui murmurant des mots d'encouragement, mais chaque seconde qui passe semble plus difficile à supporter. Les secondes s'étirent, l'angoisse monte dans ma poitrine. J'ai l'impression que le monde entier se réduit à ce petit espace, à cette chambre d'hôpital, et à la souffrance d'Aliyah.

𝐅𝐮𝐢𝐬-𝐦𝐨𝐢.Où les histoires vivent. Découvrez maintenant