Aaron
— Aliyah, s'il te plaît, calme-toi et dis-moi ce qu'il se passe.
— Il... faut... il faut qu'on parte, Aaron. Tout de suite.
Elle attrape son téléphone, tremblante, tentant d'écrire quelque chose.
Je le saisis de force pour comprendre, et tombe sur un message... un mot envoyé que je n'arrive pas à bien lire.
— J'ai négligé... j'ai merdé.
Elle pleure de toutes ses forces. Le message est clair... bien trop clair.
— Aliyah, s'il te plaît, calme-toi. On va trouver une solution.
Je ne peux pas montrer ma panique. Elle ne serait pas rassurée. Pourtant, à l'intérieur, je sens mon cœur lâcher à plusieurs reprises.
— Trouve un vol, Aaron. Trouve-le tout de suite.
Je reste quelques secondes à la regarder, pendant qu'elle téléphone à ma mère en tentant de camoufler ses sanglots. Les enfants sont chez elle, à des centaines de kilomètres d'ici... et nous, coincés ici pour ce voyage d'anniversaire qui a soudain un goût amer.
Je saisis mon téléphone, cherchant un vol au plus vite.
— Alors ?
Elle me regarde d'un air implorant, les yeux rougis, le souffle court. J'hésite à parler, conscient que la moindre parole pourrait la faire exploser.
— Y'a rien avant demain matin...
— Non... non, c'est pas possible... je peux pas attendre ! Il faut que je sois avec eux maintenant, Aaron !
Ses mots me transpercent. Elle tremble tellement qu'elle peine à enfiler sa veste, comme si le simple fait de rester ici la brûlait.
— Écoute... on réserve le premier vol, on part dès que possible. Ce soir, on dort à l'aéroport s'il faut. Mais on les récupère.
Elle hoche la tête, les larmes recommençant à couler, pendant que je termine la réservation. Dans ses yeux, je lis une terreur qui dépasse de loin l'inquiétude d'une mère.
Et à cet instant, je sais... que ce qu'elle a lu dans cette lettre n'était pas une simple menace.
On ramasse nos affaires en vitesse, tout ce qui est à portée de main. Je ne sais même pas pourquoi je prends ma veste alors qu'on va passer la nuit sous les néons glacés de l'aéroport.
Elle, elle ne s'arrête pas. Chaque geste est brusque, précipité, comme si chaque seconde perdue pouvait lui coûter quelque chose.
— Aliyah, respire...
— Je peux pas, Aaron. Pas tant que je les ai pas avec moi.
Sa voix se brise. Elle claque la fermeture éclair et se dirige vers la porte.
Le taxi arrive en moins de cinq minutes. Sur la banquette arrière, elle serre son téléphone contre sa poitrine. Ses mains tremblent encore. Elle envoie des messages à ma mère toutes les trente secondes.
Ils vont bien ?
Ils dorment ?
Y'a quelqu'un devant la maison ?
Je vois les trois petits points qui s'affichent à chaque fois, la réponse rassurante qui arrive... mais qui ne semble jamais suffire.
— On devrait peut-être appeler la police...
— Non ! Non... pas encore.
Je n'insiste pas. Ce n'est pas le moment de discuter.
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𝐅𝐮𝐢𝐬-𝐦𝐨𝐢.
Romance« Fuis-moi », disait-elle souvent, comme un avertissement. Mais il était trop tard. Il avait déjà décidé de la suivre, même si leur amour les emmenait là où tout se mélangeait entre passion et destruction. L'amour pouvait-il encore survivre quand to...
