XXI

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Aujourd'hui

— Quartier général du S.H.I.E.L.D. / Bureau Nick Fury


Le vrombissement du projecteur portable remplissait le silence tendu du bureau de Nick Fury. La lumière bleutée des écrans baignait la pièce obscure, projetant sur son visage la lueur pâle des cauchemars capturés sur bande magnétique. Il restait parfaitement immobile. Droit. Visage de granit.

Sur l'image tremblante, filmée à la main, une silhouette apparaissait. Une fille. Couverte de boue, les vêtements en lambeaux, le visage barré d'une entaille à la joue. Des tatouages tribaux couraient sur ses bras maigres comme des cicatrices rituelles. Son souffle était court. Elle semblait sur le point de tomber, mais ses yeux — brûlants, habités, inhumains — fixaient la caméra avec une rage muette. Et en arrière-plan, une voix. Chaotique. Dérangée.

Une voix que Fury connaissait bien, même s'il ne l'avait jamais affrontée directement. Vaas Montenegro, le propriétaire de la casette, enfin d'après le nom barré c'est un vole. Un Roi pirate, psychotique mais surtout un poison ambulant.

« Ma petite déesse guerrière... Jyna. Une flamme qui bouffe tout ce qu'elle touche. Même elle-même. Elle m'fait penser à moi, tu vois. Sauf qu'elle résiste encore. Mais ça va venir. L'île... elle l'embrassera avec une grosse douleur dans le cul. »

Fury rembobina, zooma.

Pas de doute.

Elrin Stark. 

Sous un autre nom. Une autre peau. Une autre vie. Et surtout, un enfer. Il coupa la vidéo, ravalant l'amertume dans sa gorge, son regard se posa sur les cassettes empilées devant lui. Plus d'une vingtaine, les étiquettes griffonnées à la main, certaines couvertes de sang séché, d'autres brûlées sur les bords. Des mots en dialecte Rakyat, en russe, en espagnol. Ils avaient récupérer 15 casettes sur 20.

Fury en avait regardé huit, et à chaque fois, c'était un voyage dans la folie. Vaas se filmait lui-même, souvent en plein délire. Les yeux dilatés dû aux drogues, les mains ensanglantées, la voix oscillant entre tendresse absurde et cruauté extatique.

Certains enregistrements étaient des monologues sous drogue, où il parlait de l'île comme d'un dieu, d'Hydra comme de collaborateur, et de Jyna comme de sa « fiancée de feu ». Il y avait des extraits où il dansait nu autour d'un feu, criant des secrets codés qu'aucun algorithme n'aurait pu déchiffrer. Parfois, il se filmait en train de torturer des otages — dont des soldats, des membres de tribus. Toujours avec ce rire de hyène enragée. Et puis... Il y avait les bandes avec Elrin. Fury en avait vu trois, Vaas en était obsédé.

L'une d'elles l'avait forcé à s'arrêter, à éteindre l'écran, à aller jusqu'à la baie vitrée de son bureau. Respirer. Fort.

L'image est instable, filmée au poing, dans une grotte humide illuminée par des torches. On voit Jyna attachée par les bras, suspendue au-dessus d'un tas de bois. Elle est blessée, son visage déformé par la douleur. Vaas tourne autour d'elle, hilare, dansant avec une bouteille à moitié vide.

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