XIX

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Aujourd'hui

Le lendemain, dans le jardin de la Tour, le soleil frappait doucement la terrasse de la tour, réchauffant l'air d'une chaleur agréable. Une brise légère caressait la peau d'Elrin, portant avec elle un parfum de ville mêlé à celui des fleurs soigneusement entretenues du jardin suspendu. Pourtant, malgré la sérénité du lieu, son esprit était ailleurs. Elle inspira profondément, fermant les yeux un instant. L'air chaud, la sensation du vent sur sa peau, le léger sifflement des feuilles... Tout cela lui rappelait l'île.

Un monde loin d'ici.

Là-bas, la chaleur était plus accablante, le vent portait l'odeur de l'océan mêlée à celle du sang et de la poudre. Un paradis infernal où elle avait tout perdu... et tout gagné. Elle pouvait presque sentir l'odeur des torches dans les temples de Citra, entendre les rires bruyants des hommes de Vaas, le poids d'un regard fanatique sur elle. Puis, comme une vague qui la prenait au creux de l'estomac, les souvenirs défilèrent. Franck.

Son cœur se serra brutalement.

Elle ne voulait pas penser à lui. Pas à cet enfoiré. Pas à ce qu'il lui avait fait. Ses mâchoires se crispèrent, et elle serra le couteau qu'elle faisait distraitement tournoyer entre ses doigts. Depuis qu'elle était sortie dans le jardin, elle jouait avec, le faisant danser au creux de sa paume avec une dextérité mécanique, absente. Mais la colère grandit, sourde et brûlante, enfonçant ce poison familier dans son esprit. Ce fils de pute de Nazi. Un brusque élancement de douleur la tira brutalement de ses pensées.

Elle baissa les yeux.

Le couteau était planté dans sa main. Le manche dépassait encore, vibrant légèrement sous l'impact. Le sang s'écoulait lentement, chaud, poisseux, glissant le long de ses doigts. Elrin soupira, agacée autant par sa distraction que par la blessure elle-même. Elle arracha la lame d'un geste sec, observant avec lassitude la plaie se refermer en un temps record, ne laissant qu'une traînée carmin sur sa peau avant de disparaître, puis regarde le couteau dans sa main.

Ce couteau qui n'était pas qu'un outil — c'était une cicatrice. Un rappel tranchant qu'elle n'était plus tout à fait elle-même depuis qu'elle l'avait arraché du sanctuaire souterrain, là où la lumière ne pénétrait plus et où les prières se mêlaient aux cris. Le Couteau du Dragon d'Argent, lourd de rituels oubliés et de sang versé, lui avait pris quelque chose. Quand elle l'avait pris, quelque chose en elle s'était éteint. Elle ne l'avait pas senti sur le moment, trop occupée à survivre, à se battre, à comprendre, à fuir. Une part d'elle s'était effacée ce jour-là, sans qu'elle sache exactement quoi. Peut-être sa douceur. Peut-être sa foi. Peut-être juste cette capacité à être simplement humaine. Depuis, elle se sentait creuse par endroits, comme si la lame avait creusé son propre chemin en elle. 

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