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Moi : Souleymane.

...

Mon oncle se tient fièrement face à nous, un grand sourire étirant ses lèvres. Je reconnais son regard, le pire de tous. Celui qu'il avait à chaque fois, en resserrant les chaînes sur mes poignets. Il est là pour moi, et à cause de moi. Le sang quitte mon visage alors que les scénarios les plus sordides prennent possession de mon imagination. Tout ce qu'il serait capable de faire, à Milla, à Noah. Hors de question.

La nausée qui m'habite gagne en violence, alors que mes yeux parcourent son visage. Il veut m'atteindre, et il sait exactement comment s'y prendre.

Souleymane : Tout va bien, ma belle ? T'es toute blanche. Tu as besoin d'un verre d'eau, peut-être ? Ou de ta dose quotidienne ?

J'ouvre la bouche pour répondre mais aucun son ne sort, son emprise sur moi est de retour. Mais alors que je sens mon âme se décomposer, brûlée par ses yeux, une main agrippe mon poignet, et mon mari me fait passer derrière lui.

Khalid : Garde tes sales regards regards loin de ma femme. Je crois qu'on a assez vu de toi pour toute une vie.

Le rire de Souleymane résonne dans mes oreilles, agrémenté par le son des pas qui s'approchent, mon éternel signal d'alarme.

Souleymane : Tu te trouves malin ? Même toi elle ne te mérite pas, je garderai mon instinct protecteur pour autre chose si j'étais toi. Je sais pas... Ton business, ou ta vie, par exemple ? J'ai commencé quelque chose, c'est bien pour le terminer, tu ne crois pas ? J'hésite encore. Je sais pas auquel de vous deux j'arracherai les membres en premier.

Khalid bouillonne de l'intérieur. Et avant que je n'ai le temps d'appréhender sa réaction, je le vois s'élancer pour sauter à la gorge de mon oncle. Je sursaute en voyant cette réaction inattendue. Il agrippe le col noir de son costume hors de prix.

J'espère enfin qu'il se taise, que je n'aie plus à entendre tout ce qu'il a à déballer à mon sujet pour raviver en moi les flammes d'une crise imminente, mais non, il rit aux éclats, encore, et je me sens succomber sous le poids du manque et de la haine. Il a arraché le peu de moi qu'il restait à la réalité. Je ne peux pas tenir plus longtemps.

Souleymane : Calme-toi, Al-Hassan. Tu ressembles à ton père à refuser de te contrôler comme ça. Même si contrairement à lui je doute que tu puisses un jour être à la tête de quoique ce soit, tu n'es pas assez bon pour ça. C'est dommage. Alors je vais te le dire une dernière fois. J'arriverai au bout de ce que j'ai commencé, puis ensuite je m'occuperai de la pute que tu as prise pour femme, en l'anéatissant pour de bon, comme j'en mourrai d'envire depuis bien trop longtemps maintenant, et comme on aurait dû le faire quand c'était encore facile.

Cette dernière phrase pourrait me faire vomir. Ce n'est même plus cacher dans ses yeux. Il aurait rêvé de me tuer quand je n'étais qu'un bébé, avec mes parents. Et si Oussama le savait, à l'écrire derrière leur photo, et que mon oncle en parle comme une provocation, c'est que le plan de départ était peut-être bien de me donner le même sort. Khalid s'éloigne à peine de lui, les yeux toujours remplis d'ardeur.

Khalid : Tu ne crois pas avoir fait assez de dégâts dans sa vie ?

Souleymane : Oh, je ne sais pas, pour moi il n'y en aura jamais assez. Et toi ? Tu trouvais que le mal fait en votre nom n'avait pas été suffisant ? Il fallait que tu lui fasses porter, en plus ?

Cruel PrincesaOù les histoires vivent. Découvrez maintenant