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... : Je suis prêt. Et je n'ai pas trop le choix de toute manière, non ?

...

Khalid

Deux jours plus tard.

Villa Al-Hassan

Oussama me regarde droit dans les yeux sans cacher son mépris, comme à son habitude. Je déteste ces "mises au point" mais elles sont nécessaires si je ne veux pas perdre toutes mes chances d'un jour le faire changer d'avis.

Moi : J'ai l'impression qu'elle se renferme de plus en plus. Elle ne va pas bien.

Oussama : Parfait.

Je fronce les sourcils. Je me doute bien de ce à quoi il pense, mais je ne veux pas en arriver là. L'idée de profiter d'elle ne m'a jamais dérangé jusqu'à présent. Mais plus le temps passe, plus un sentiment d'injustice me dérange. Elle est l'une de ses victimes elle aussi. Même après tout ce que j'ai dû vivre par sa faute, je n'aime pas ce qu'il a prévu pour elle. Je n'arrive pas à le comprendre. Elle devrait être sa petite protégée, et pourtant, lorsque cette quête entre en jeu, il la traite comme un outil parmi d'autres.

Je ne peux pas riposter face à lui. C'est la dernière mission dont je suis responsable. Il m'est interdit de le décevoir. Je me le suis promis il y a douze ans déjà, au large de mon pays natal. Je ne ferais plus cette erreur envers qui que ce soit. Il doit m'aimer, ou au moins être content de moi. C'est lui mon père, maintenant, et le seul auprès de qui je peux rattraper mes erreurs. Alors je dois me sacrifier, pour être celui qu'il veut que je sois.

Oussama : Tu vas en profiter, être là pour elle, et tu pourras la dresser contre son oncle à un tel point qu'elle sera ravie de nous aider. On ne peut pas perdre une telle occasion. Tu as entendu ce que ton infiltré a dit. Ils se rapprochent du but, notre but.

Moi : Ça ne marchera pas. Elle est trop butée pour ça. Et puis, si une haine pour son oncle suffisait à régler ce problème, cela ferait déjà longtemps qu'on en parlerait plus.

Il passe sa main dans ses cheveux grisonnant sans même me regarder. J'ai fait une erreur.

Oussama : Je suis ton supérieur, et ton père. Tu es peut-être chargé de cette mission, mais c'est encore moi qui décide, tu m'as compris ?

Son accent, qui ressort d'autant plus lorsqu'il est énervé, est comme toujours un signe de me taire et d'acquiescer. Mais cette fois je ne peux pas. Il fait fausse route, et si on échoue, j'en payerai les conséquences, à commencer par la perte de chacun de mes acquis.

Moi : J'ai bien plus échangé avec elle que tu ne l'as fait. On ne la manipulera pas. Pas parce que je n'en ai pas envie, mais parce que ça ne marchera jamais. Je peux me rapprocher d'elle suffisamment pour la mettre dans la confidence. Je t'en prie, fais moi confiance. Elle n'est pas intéressée par tout ça, elle n'a pas de projets qui pourraient nous entraver.

Il grogne de mécontentement.

Oussama : Ta mère avait raison, fils. Elle va t'envouter si ça continue. J'aurais dû y penser. Les jeunes hommes comme toi ne peuvent pas résister devant une telle femme.

Je serre les dents sans un mot par peur de lui balancer une série de réflexion que je ne pourrait que regretter.

Oussama : Elle est déjà en train de prendre ton attention. Je te signale que l'une de tes cargaisons a faillie être saisie. Tu réalises ce que tu fais, Khalid ? Tu vas tout ruiner à cause de ton inattention. J'aurais mieux fait de prendre un héritier déjà préparé.

Cruel PrincesaOù les histoires vivent. Découvrez maintenant