Mon téléphone vibre encore, une seule fois. Je tire la couverture pour le faire tomber à côté de mon visage. C'est un message.
... : Sors au bout de votre rue dans une heure.
...
Une heure plus tard.
Fatiguée, mais revenue à mon état normal, je traverse le chemin qui me paraît affreusement long. J'ai confiance en mon ami, mais s'il cherche à me voir aussi soudainement, ça n'annonce jamais rien de bon. Il savait que ma curiosité l'emporterait sur mon état second, il me connaît bien. Et je commence à penser que c'est une mauvaise chose.
Mon corps est creusé de l'intérieur, un peu plus chaque seconde où je m'autorise à réfléchir. Je ne suis plus en état pour mes propres pensées. Le vent qui se faufile sous mon pull me fait frissonner. Seules quelques lampes de jardin faibles éclairent ma route, ce qui ne fait qu'augmenter mon trouble. Le monde autour de moi est trop vrai. Il me met en danger. Je n'aime plus cette réalité.
Le visage de Sandro ébloui par son téléphone me fait finalement face. Ses sourcils sont froncés vers moi, et son regard sérieux. Je veux sourire, mais mes lèvres sont raides.
Moi : Salut.
Il s'approche de moi en serrant les lèvres.
Sandro : T'es sérieuse ? T'as rien de mieux à me dire ?!
Moi : Excuse-moi, j'ai cru que c'était comme ça qu'on saluait un ami, j'ai dû me tromper.
Son visage garde un aspect flou, comme si ma tête se faisait secouée.
Sandro : Un ami on le laisse pas s'inquiéter sans nouvelles pendant une semaine alors qu'il t'en demande, Alessia ! Putain ça te tuerait de m'assurer que t'es en vie une fois de temps den temps quand je passe des heures à chercher comment t'aider ?!
Je n'aime pas qu'il crie sur moi, c'est désagréable.
Moi : Eh... Calme-toi. J'étais occupée j'ai pas reçu tes appels, c'est tout. Arrête un peu de toujours me suivre ça devient pesant, j'ai pas besoin d'un chaperon. T'as qu'à trouver autre chose à faire de ta vie, personne ne t'a jamais demandé de t'occuper de moi.
Il recule comme si je l'avais frappé, les poings serrés. Il me regarde comme si je venais de commettre une trahison impardonnable à son égard.
Sandro : Tu te fous de ma gueule, c'est ça ? Depuis trois ans, j'accepte toutes tes putains de demandes, chaque rechute, chaque mal que tu t'infliges, et toi tu me dis que je devrais juste faire autre chose ?! Je t'ai dit que l'identité de l'homme que tu as épousé n'est même pas certaine, que tu pourrais t'être liée à n'importe qui et vivre sous son toit, et tu ne réagis pas. Tu voulais les faire tomber, non ?!
Moi : Je me fous de savoir qui il est ! Il pourrait être le fils du pape, ça m'est égal ! J'ai trouvé ce que je cherchais, j'ai compris ce qu'il s'était passé et ce que Souleymane cachait. Je n'ai même pas eu besoin de ton aide, d'ailleurs. Donc tu peux dégager, je ne veux même plus de toi dans ma vie, t'es qu'un problème en trop !
Je veux être seule. Je ne veux plus personne. Je veux que toutes leurs voix cessent de résonner dans ma tête. J'ai juste besoin que tout se taise. Il n'est qu'un rappel de tout ce qui me fait mal. J'en ai marre de la douleur. Tout allait bien cet après-midi. Il doit partir, lui et son foutu visage triste.
Je me griffe de toutes mes forces, mais la plaie sur mon cœur ne se déplace toujours pas.
Sandro : Qu'est-ce qui t'arrive, là ? C'est quoi cette histoire ?
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Cruel Princesa
Romance« Un seul instant peut changer une vie à jamais. » Alessia l'a appris à ses dépends. Quand elle qui avait passé sa vie entière à attendre la mort dans le gang de son oncle se voit offrir un ultime espoir, une mission de la dernière chance parmi les...
