Khalid : Alejandro est à l'hôpital. Personne ne veut rien m'expliquer, mais mon pressentiment est mauvais. On y va.
...
Ses mots désespérés me frappent de plein fouet. S'il y est, Milla y est aussi. Et je ne peux m'empêcher de penser à ce qu'elle m'a dit la dernière fois. "Si un jour je ne suis plus capable de te le rappeler, promets-moi de ne pas oublier que tu es parfaite et que tu mérites d'être aimée, je t'en prie."
Je ne l'ai pas prise au sérieux. Quelle idiote je fais. J'aurais dû lui poser des questions, au moins. Ce n'est pas une phrase que l'on dit lorsque tout va bien. Et moi, comme une égoïste, j'étais trop préoccupée par mon état pour y penser.
Elle n'a pas le droit de la laisser. Je ne pourrais pas tenir ma promesse, je le sais.
Je n'ai pas le temps de digérer toutes mes pensées que Khalid me prend par le bras pour me relever. Il est en panique. Sa peur pour son frère est plus que visible, sans doute comme la mienne. Sans se dire un mot, nous quittons la propriété pour rejoindre l'une de ses voitures. On s'installe à l'intérieur de celle-ci et il démarre en vitesse. C'est automatique. Il n'est pas en train de réfléchir.
La boule dans ma gorge grandit quand mon imagination fait défiler tous les scénarios les plus terrifiants. Son mauvais pressentiment, je le partage. Ils sont à l'hôpital, pas chez l'un des médecins des Al-Hassan. Et ce sans avoir prévenu personne. Ça ne peut pas être un simple accident sans importance. Il s'est passé quelque chose, quelque chose de grave, et qu'importe lequel des deux est blessé, cela détruirait l'autre, et l'un de nous deux avec.
Je ne connais pas Milla depuis si longtemps, mais elle a pris bien plus d'importance que la majorité de mon entourage restreint. Elle, et ce besoin de vengeance et de compréhension qui m'habitent, sont les dernières raisons de ma survie. Je ne peux pas craquer.
Elle m'a appris l'amitié, et l'amour sans doute. Si son état est grave, voire pire, il n'y aura définitivement personne que mon cœur ait le courage d'aimer.
J'essaye de relativiser sans y arriver. Mes jambes tremblent et je ne peux m'empêcher d'enfoncer les ongles de ma main droite dans mon poignet gauche. Les yeux de Khalid quittent la route pour se poser sur moi, alors que je ne sens même plus la douleur. Avant que je puisse remarquer son regard, l'une de ses mains serre la mienne, et les pose sur ses genoux. Je devrais être gênée et m'écarter. Je n'arrive pas à riposter, pas maintenant, pas lorsque nous sommes tous les deux si tendus.
Khalid : Ton corps a déjà trop été abîmé, Alessia. Ne va pas le blesser encore. Je sais que tu es angoissée, mais ça ira. Quoi qu'il arrive, aujourd'hui tout peut avoir une solution.
Il ne semble lui-même pas convaincu de ses mots, mais je me contente d'hocher la tête en pinçant mes lèvres.
Moi : Et si il était déjà trop tard ?
Sa main se serre sur la mienne dans un spasme nerveux.
Khalid : Non.
Moi : C'est une possibilité.
Khalid : Tais-toi ! Ce n'est pas le cas, je te dis. Arrête de dire des conneries.
Je soupire. Il sait qu'il a tort de ne pas l'envisager, mais comment est-ce que je pourrais lui en vouloir ? Je rêve moi-même de ne pas y avoir penser.
Très vite, et trop vite sans doute, vu la vitesse à laquelle il a roulé, nous arrivons à l'hôpital. Les bruits sourds et constants m'empêchent de penser clairement. Peut-être que l'un de ces"bips" signifie que Milla a un problème.
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Cruel Princesa
Storie d'amore« Un seul instant peut changer une vie à jamais. » Alessia l'a appris à ses dépends. Quand elle qui avait passé sa vie entière à attendre la mort dans le gang de son oncle se voit offrir un ultime espoir, une mission de la dernière chance parmi les...
