29.

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Khalid : Tu te fais à manger ? C'est que tu te sens mieux ?

...

Je fronce les sourcils, mais la chaleur qui monte sur mes joues trahit ma gêne. Donc il m'a vue dans cet état. Evidemment que c'était lui. Qui d'autre aurait voulu me porter jusqu'ici sans daigner me réveiller ?

J'ai beau tourner la situation dans tous les sens, aucune raison valable ne me vient. Je tousse un peu et me retourne pour terminer de cuisiner sans lui faire face. La nausée refait son apparition dans le creux de mon ventre.

Moi : J'avais faim. Et je vois pas exactement pourquoi tu voudrais que je me sente mieux, j'étais malade, c'est tout.

Il s'approche de moi. Je sens sa présence dans mon dos et tout à coup mon rythme cardiaque s'accélère. Il sait tout. Ou peut-être pas. Je me sens stupide d'avoir perdu connaissance. Il pourrait avoir vu ou fait n'importe quoi.

Je me décale pour prendre une assiette, et pour essayer de ne plus être droit dans son champ de vision. Mes mouvements sont brouillons, mais je finis par glisser le sandwich grillé dans l'assiette, en faisant tout mon possible pour paraître indifférente à la présence de mon mari.

Avant que je ne puisse m'y faire, il s'approche encore et attrape mes mains légèrement tremblantes dans les siennes. Est-ce l'effet de ce que m'a dit Sandro ou seulement une réaction de mon corps qui me coupe le souffle, je n'en sais rien, mais je n'aime pas ça. Je n'aime pas finir à frissonner, paralysée comme une adolescente juste parce que cet homme me touche. Il est détestable. Il m'a fait du mal. Il veut me contrôler. Je ne peux pas lui donner une telle satisfaction.

Khalid : Tu comptes me mentir longtemps comme ça, Alessia ?

Je le regarde tant bien que mal dans les yeux, l'air impassible.

Moi : Je ne te mens pas. Ça ne t'arrive jamais à toi, d'être malade ? Laisse-moi deviner, tu es trop au dessus pour ça ? Les maladies du bas peuple ne te touchent pas ?

Il rit doucement avant de capter à nouveau mon regard. Mon cœur s'emballe de toutes ses forces, comme s'il lisait directement mes pensées dans mes yeux.

Khalid : Tu sais bien que c'est moi qui t'ai ramenée ici, non ? Je t'ai vu, Alessia. Je t'ai vu avant et après. Je sais que quelque chose ne va pas, et je veux savoir quoi.

Moi : Je te remercie de m'avoir aidée, mais tu n'as rien de plus à savoir. J'ai fait une erreur, c'est tout, je gère.

Il soupire et passe sa main sur sa nuque.

Khalid : Très bien, je te laisse le bénéfice du doute pour cette fois. Mais je te préviens, si j'apprends encore que tu as un problème je ferai tout mon possible pour te sortir de là, et tes protestations n'y changeront rien.

Je roule des yeux, en remplaçant mes cheveux correctement sur mes épaules avant de prendre mon assiette pour me rendre sur le canapé.

Avant même de le voir, je devine sa tension à côté de moi.

Khalid : Je peux me joindre à toi ? J'aurais bien voulu te parler de quelque chose d'autre en fait.

Moi : Je suppose que tu ne prévois pas de me laisser le choix, alors viens.

Il me suit et s'assoit à côté de moi, à l'autre bout. Il respire fort et tapote son pied sur le sol. Il a un comportement encore plus étrange. Comme à chaque fois avec lui, je sens qu'il se passe quelque chose, mais il ne me laissera pas savoir de quoi il s'agit. 

Alors que je prends une première bouchée, je devine son regard du coin de l'œil. Je me retourne vers et fronce les sourcils.

Moi : Tu veux un morceau, peut-être ?

Cruel PrincesaOù les histoires vivent. Découvrez maintenant