Chapitre 41

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PDV EXTÉRIEUR

Dans un petit appartement discret. Les rideaux tirés plongent la pièce dans une pénombre douce. L'encens brûle dans un coin, diffusant une odeur apaisante qui cache une menace invisible.
Fatoumata Bintou attend, assise droite, le regard calme mais plein d'une rage contenue.

Abdou Aziz frappe à la porte. Son visage est tendu, marqué par des nuits blanches. La porte s'ouvre. Bintou apparaît, vêtue simplement mais avec une assurance glacée.

- Tiens, Abdou Aziz Sylla. Celui qui croyait pouvoir jouer avec deux sœurs. Tu es venu me voir? L'accueillit-elle ironiquement.

- Je viens pour Coumba. Dis-moi où elle est. Qu'est-ce que tu lui as fait ? Répondit Abdou Aziz, les poings serrés

Bintou soupire, lève les yeux au ciel, puis s'écarte pour l'inviter à entrer.

- Décidément... Pas un mot sur moi. Après tout ce qu'on a vécu...

- Si tu veux qu'on parle du passé, on le fera... mais pas maintenant. Si tu veux te venger, prends-moi pour cible. Coumba n'a rien à voir avec nos erreurs.

- Rien à voir ? Elle t'obsède, hein ? Et notre enfant ? Ricana-t-elle, amèrement.

Aziz s'immobilise, déstabilisé

- No... notre enfant? S'il était de moi... j'assumerais. Dit-il à voix basse.

- Il était de toi. Je t'ai aimé sincèrement. Mais tu as nié la paternité. J'étais vierge et fidèle... Pourquoi tu as refusé de me croire? Pourquoi? Tu m'as accusée, humiliée, laissée seule. Je ne méritais pas ce traitement. Tu m'as brisé. Et cet enfant... il n'a jamais vu le monde à cause de toi. Enchaina Bintou avec de la colère et de l'amertume.

Sa voix se brise. Elle pleure un instant, mais c'est une colère ancienne qui refait surface.

- Tu cours sauver ta princesse... mais moi, Abdou, qui s'est soucié de moi ?

Aziz baisse la tête, honteux, la gorge serrée.

Il est depité par les révélations de son ex. Il ne sait même pas comment se comporter avec elle. Il est désolé au fond de lui. Les regrets commencent à faire surface

- Bintou... je suis désolé. Vraiment. J'étais jeune, stupide, lâche. Je t'ai blessée... je m'en veux. S'excusa-t-il doucement.

Elle éclate d'un rire amer.

- « Désolé » ? Tu crois que ça ramène un enfant ? Tu crois que ça répare un cœur détruit ? Cracha Bintou avec une haine qui pourrait assassiner son interlocuteur sur place.

- Je... j'ai fait des erreurs; j'etais jeune...Dit-il faiblement.

- Des erreurs ? Non. Tu m'as trahie. Et tu m'as piétinée.

- Bint...

- Bref, ce qui est fait est fait... dit-elle se levant brusquement. Elle disparaît derrière un rideau. Aziz reste figé, mal à l'aise, rongé par les remords. Elle revient avec un plateau : une théière fumante, deux verres. L'odeur de menthe se mêle à l'encens. Bintou s'installe, élégante, ses gestes calculés.

- Calmons-nous un peu. Ensuite, on parlera. Déclara-t-elle.
La pièce plonge dans un silence lourd.

- Regarde-toi... tout ton argent, toute ta fierté, et te voilà assis ici, suppliant. Toi qui l'as répudiée devant tous. Pathétique, non ? Reprocha-t-elle versant le thé avec une lenteur étudiée.

- Je me suis trompé... Je veux réparer. Mais je ne peux pas le faire si je ne sais pas où elle est. Répondit-il en serrant les dents.
Il est déterminé à retrouver Coumba pour réparer ses erreurs. Il est prêt à tout pour la retrouver, même s'il doit se mettre à genoux devant Fatoumata Bintou.

HONNEUR PERDUOù les histoires vivent. Découvrez maintenant