Chapitre 11-Aaron-Mauvais coup

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Je suis assis sur le lit de ma chambre d'hôtel, comme un condamné attendant sa sentence.

La perspective de cette soirée ne m'enchante pas vraiment, mais les relations ship passent avant mes états d'âme.

Un coup discret donné contre la porte de ma suite, m'indique la fin de ma tranquillité, et la mise en place de mon masque. En soupirant, je me lève pour aller ouvrir à la personne qui m'horripile un peu plus de jour en jour.

— Je vais chercher ma veste et j'arrive, précisé-je à Jessy sans l'inviter à entrer.

Je récupère au passage la carte de ma chambre sur la console, et en me retournant, je tombe torse contre poitrine avec celle qui ne se donne pas la peine de reculer.

— Oups, fait-elle en me dévisageant de la tête aux pieds.

Je me décale sur le côté, marche jusqu'à la sortie en tenant la porte, tel un homme bien élevé par sa maman et qui pourtant a plutôt envie de la jouer bad boy en lui claquant la porte au nez.

— Ne fais pas cette tête, Aaron, tu ne vas pas à l'abattoir...

Je reste impassible, ce qui a tendance à l'agacer, puis quand elle constate qu'elle ne tirera rien de moi, elle avance dans le couloir d'une démarche chaloupée. Je zieute sa tenue en attendant l'ascenseur. Robe de couleur chair, la moulant comme une seconde peau arrivant mi-cuisses, des escarpins rouges vifs aux talons vertigineux. L'ensemble est un appel à la débauche. Pas la mienne avec elle, ça c'est sûr, mais pour d'autres sûrement. Elle doit sentir mon regard sur elle, car un léger sourire apparaît sur son profil. Je détourne mes yeux, enfouis les mains dans les poches de mon pantalon et peste intérieurement contre ce putain d'ascensseur qui n'arrive pas.

Je sors le premier du casino, où nous avions rendez-vous avec le reste de l'équipe, soulagé de quelques centaines de dollars, mais heureux de ne pas faire mentir le dicton : heureux aux jeux, malheureux en amour. Je me poste sur le trottoir, me déleste de ma veste, ouvre le premier bouton de ma chemise, roule les manches jusqu'au coudes. La différence de température entre l'intérieur, où la clim bat des records de froid, et l'extérieur ne devrait pas être autorisée. Mes yeux s'habituent aux lumières criardes des enseignes, après avoir côtoyé la pénombre des salles de jeux, où tout est fait pour oublier le temps et les heures qui passent.

Le besoin d'entendre la voix de Léane se fait pressant. J'appuie sur la touche de son numéro pré-enregistré, ça sonne dans le vide puis la messagerie vocale se met en route. Je raccroche sans laisser de messages, déçu de n'avoir entendu sa voix qu'à travers son annonce vocale. Je fixe l'heure sur ma montre de luxe et calcule l'heure qu'il est à New-York. Deux heures du matin. Mon ange doit dormir. Quel con !

Un frisson traverse mon échine, collant ma chemise à mon dos. L'air est moite ce soir, pourtant ce n'est pas à cause du climat du désert. Un sentiment fallacieux, qui se pointe de je ne sais-où, me rend nerveux.

Relax, mec, elle n'est pas collée à son portable H24.

Non, mais je vais pour réitérer mon appel avec l'intention de laisser un message, quand :

— Tu parles seul maintenant ?

Jessy accompagnée des autres me frôlent tout en avançant vers la limousine mise à notre disposition. Je me contente de ranger l'IPhone dans la poche intérieure de ma veste et pénètre à mon tour à l'intérieur.

Mon cerveau s'éloigne des conversations, je refuse le verre que l'on me propose, le visage tourné vers l'extérieur je repense à ce malaise qui ne veut pas me quitter.

BraCoeur Tome 2(nouvelle version)Des histoires addictives. Découvrez maintenant