— Maman ?
Ma voix résonne dans le couloir avertissant ma mère qui se trouve dans son bureau tout proche.
— Je sors me promener, on se retrouve directement chez Nosh.
— Ok mon coeur. J'ai réservé pour treize heures. Bonne balade.
Je quitte le domicile pour aller errer dans les rues d'Aix.
Errer, est le verbe qui convient.
Depuis mon retour, je m'oblige à sortir, à aérer mon esprit. Je déambule dans la ville, m'efforçant de ne pas regarder systématiquement derrière moi, sans but précis.
Pourtant à plusieurs reprises, je me suis retrouvée devant l'immeuble où habitait Aaron. Comme si, mon subconscient voulait me transmettre un message. Un message positif. Celui de me rappeler les moments que nous avons passés ensemble dans ce lieu chargé de bons souvenirs, afin qu'ils prennent le dessus sur le film de l'agression qui passe en continue dans ma tête. Une aide mémorielle en quelque sorte.
Puis je retourne au domicile de ma mère, et je m'enferme dans ma chambre, pour lire, ou regarder un film, et je finis toujours par téléphoner à Aaron ou à mes amis.
Aujourd'hui, ne fait pas exception. La différence est que mon moral est bien meilleur que les jours ou semaines précédentes. Cet état est certainement dû à l'arrivée prochaine d'Aaron, et au soutien et empathie de maman qui porte ses fruits. À aucun moment elle ne m'a lâché, ni Samuel son compagnon. Ils ont tout mis en œuvre pour que je me sente bien. Sans jamais rien m'imposer, elle a glissé la carte d'une de ses amies psychologues spécialisée dans les stress-post traumatiques. Je n'ai pas fermé la porte à cette solution...
Pour le moment, je discute sur des blogs avec des victimes d'agressions, des spécialistes. Je lis beaucoup, comme Le Trauma comment s'en sortir, j'écris aussi, mettant mes maux sur papier, et j'en parle un maximum avec mon entourage. Mais ce qui m'a le plus aidé, ce sont les conversations que nous avons eu Aaron et moi tous les soirs par skype. On se raconte nos journées, on rit, on arrive à mettre des mots sur ce que l'on a vécu, on se parle de nos peurs, de nos angoisses, sans aucune gêne ou culpabilité, on retrouve petit à petit cette confiance en chacun de nous qui s'était effondrée après l'attaque de mon demi-frère.
Le temps guérit les blessures. Le pardon les efface. Aaron et moi n'en sommes qu'à un balbutiement, mais on progresse. Ensemble. Et c'est l'essentiel.
Perdue dans mes pensées, mes pas m'ont porté jusqu'à notre ancienne fac. Je ne retiens pas le sourire qui éclot sur mes lèvres. Tout un tas de souvenirs remontent à la surface de ma mémoire. Du jour de notre rencontre, percutante, à la remise des diplômes pour Aaron et les garçons. Quand je fixe le bâtiment, qui nous a accueilli durant nos études, une idée me vient. Noyée au milieu de la foule d'étudiants, je passe les portes et remonte le couloir jusqu'à l'endroit exact où Aaron et moi avons échangé nos premiers mots... je prends un selfie et tape un message.
Moi :
Retour sur le lieu du crime...
Tu me manques.
Ton ange
Je ressors de la fac, avec une légèreté toute nouvelle. Je range mon portable, je n'attends pas de réponse de mon amoureux dans l'immédiat, car il n'est que cinq heures du matin à New-York, c'est pourquoi je suis étonnée quand l'annonce d'un message fait vibrer mon téléphone.
De mon Beau Brun :
Et ce jour-là, la victime ce n'était pas toi, mais moi...
Tu me manques aussi mon amour.
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BraCoeur Tome 2(nouvelle version)
Storie d'AmoreUne année est passée depuis leur installation à New-York. Aaron, William, Naël et Raphaël, ont terminé leurs études. Si les trois premiers intègrent un cabinet réputé de New-York, Raphaël décide de travailler pour une entreprise informatique, metta...
